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Lecture de données — Les recettes de la fiscalité environnementale en France

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.

Document — Les recettes de la fiscalité environnementale en France en 2023, par catégorie de taxes

Catégorie de taxesRecettes en 2023 (milliards d’euros)Part dans le total (%)
Taxes sur l’énergie37,174
dont taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE)30,060
Taxes sur les transports7,415
Taxes sur les pollutions et les prélèvements de ressources naturelles5,511
Ensemble des taxes environnementales50,0100
Source : SDES (ministère de la Transition écologique), La fiscalité environnementale en France — État des connaissances en 2025, fiche du Bilan environnemental de la France, données 2023 provisoires. · Champ : France. Fiscalité environnementale au sens des critères d’Eurostat : impôts dont l’assiette est une unité physique ayant un impact négatif avéré sur l’environnement — près d’une quarantaine de taxes. La ligne « dont TICPE » est incluse dans les taxes sur l’énergie et n’entre donc pas dans l’addition. Repères complémentaires : les recettes atteignaient 53,3 milliards d’euros en 2022 et 30,5 milliards en 1995 ; la composante carbone incluse dans la TICPE rapporte 7,3 milliards d’euros en 2023 ; la fiscalité environnementale représente 1,8 % du PIB en France, contre 2 % en moyenne dans l’Union européenne et 1,8 % dans l’OCDE. · Lecture : En 2023, les taxes sur l’énergie ont rapporté 37,1 milliards d’euros en France, soit 74 % de l’ensemble des recettes de la fiscalité environnementale.
  1. Quelle part la TICPE représente-t-elle dans les seules taxes sur l’énergie, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)

    %

    Correction

    Réponse : 80.9 %

    30,0 / 37,1 × 100 ≈ 80,9 %. Un seul impôt, prélevé sur les carburants et les combustibles, concentre donc quatre cinquièmes de la fiscalité énergétique — et 60 % de toute la fiscalité environnementale. Retenez-le : quand on parle de « taxe carbone » en France, on parle en réalité pour l’essentiel d’une composante de la TICPE.

  2. Les recettes de la fiscalité environnementale s’élevaient à 53,3 milliards d’euros en 2022 (voir le champ du document). Quel est leur taux de variation entre 2022 et 2023, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)

    %

    Correction

    Réponse : -6.2 %

    (50,0 − 53,3) / 53,3 × 100 ≈ − 6,2 %. Le rendement de la fiscalité environnementale a donc reculé, principalement du fait de la suppression progressive des taxes locales sur la consommation d’électricité. Une taxe environnementale poursuit deux objectifs qui ne vont pas toujours ensemble : décourager la pollution et procurer des recettes.

  3. De combien de milliards d’euros les taxes sur l’énergie dépassent-elles la somme des taxes sur les transports et des taxes sur les pollutions et les ressources naturelles ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 24.2 milliards €

    37,1 − (7,4 + 5,5) = 37,1 − 12,9 = 24,2 milliards d’euros. Autrement dit, la fiscalité environnementale française est presque entièrement une fiscalité de l’énergie fossile : les taxes qui visent directement les pollutions et les prélèvements de ressources ne pèsent que 5,5 milliards, soit 11 % du total.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 5,5 » du tableau.

    Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon le SDES, en France, en 2023, les taxes portant sur les pollutions et les prélèvements de ressources naturelles ont rapporté 5,5 milliards d’euros, soit 11 % des recettes de la fiscalité environnementale. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 5,5 % » : la donnée de la deuxième colonne est un montant en milliards d’euros, la part figure dans la colonne suivante ;
    • oublier l’année, alors que ces recettes varient fortement d’une année à l’autre ;
    • confondre « recettes de la fiscalité environnementale » et « dépenses en faveur de l’environnement » : ici l’État encaisse, il ne dépense pas.
  5. La fiscalité environnementale française est-elle d’abord un instrument écologique ou un instrument budgétaire ? Répondez en vous appuyant sur le tableau et sur les repères donnés dans le champ.

    Demandez-vous ce que la taxe est censée décourager, puis ce qu’elle rapporte réellement et à qui elle s’applique.

    Correction

    Réponse attendue : les deux à la fois, et c’est précisément ce qui rend l’instrument ambigu.

    L’intention écologique est réelle. Le principe est celui du pollueur-payeur : en renchérissant les produits nuisibles à l’environnement, la taxe internalise l’externalité négative et incite les agents à modifier leurs comportements. La composante carbone incluse dans la TICPE, qui rapporte 7,3 milliards d’euros en 2023, a explicitement cette fonction : elle met un prix sur la tonne de CO2 émise.

    Mais le rendement budgétaire domine. Les 50 milliards d’euros de recettes viennent à 74 % de la consommation d’énergie fossile (37,1 milliards) et à 15 % des transports (7,4 milliards) ; les taxes qui visent directement les pollutions et les prélèvements de ressources ne pèsent que 5,5 milliards, soit 11 %. Une fiscalité conçue d’abord pour l’environnement aurait sans doute une structure inverse.

    Un indice supplémentaire : une taxe environnementale pleinement efficace verrait son assiette se rétrécir, donc ses recettes diminuer. Or l’État a besoin de ces recettes. Le montant total baisse d’ailleurs de 6,2 % entre 2022 et 2023, non parce que la pollution recule, mais parce que des taxes sur l’électricité — une énergie peu carbonée en France — ont été supprimées.

    Conclusion possible : avec 1,8 % du PIB, contre 2 % en moyenne dans l’Union européenne, la France taxe l’environnement un peu moins que ses voisins. L’instrument est donc réel mais modeste, et son objectif premier n’est pas toujours écologique : de nombreuses taxes recensées ici n’ont pas été créées pour protéger l’environnement, elles y contribuent seulement par la nature de leur assiette.

Notions : taxation externalité négative action collective

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Tout le chapitre : Action publique et environnement