Chaînes de causalité — Internaliser une externalité, échouer à coopérer
Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d’ordre.
Mécanisme 1 — Comment une taxe internalise une externalité négative
- Ce prix trop bas conduit à produire et à émettre plus que ce qui serait souhaitable pour la collectivité
- Les pouvoirs publics instaurent une taxe sur chaque tonne de CO2 émise, égale au coût imposé aux autres
- Une usine émet du CO2 : son activité impose à la collectivité un coût sanitaire et climatique que personne ne lui facture
- Le prix de vente de son produit ne couvre que son coût privé : il est donc inférieur au coût social de la production
- Le prix intègre le coût du dommage et les émissions diminuent : l’externalité est internalisée
- L’entreprise compare désormais le montant de la taxe au coût de sa propre dépollution, et réduit ses émissions lorsque dépolluer coûte moins cher que payer
Correction
Ordre attendu :
- Une usine émet du CO2 : son activité impose à la collectivité un coût sanitaire et climatique que personne ne lui facture
- Le prix de vente de son produit ne couvre que son coût privé : il est donc inférieur au coût social de la production
- Ce prix trop bas conduit à produire et à émettre plus que ce qui serait souhaitable pour la collectivité
- Les pouvoirs publics instaurent une taxe sur chaque tonne de CO2 émise, égale au coût imposé aux autres
- L’entreprise compare désormais le montant de la taxe au coût de sa propre dépollution, et réduit ses émissions lorsque dépolluer coûte moins cher que payer
- Le prix intègre le coût du dommage et les émissions diminuent : l’externalité est internalisée
Le cœur du mécanisme se situe entre les étapes 2 et 3 : c’est l’écart entre coût privé et coût social qui explique la surproduction, et non une quelconque malveillance de l’entreprise. On comprend alors pourquoi la solution consiste à corriger un prix plutôt qu’à interdire une activité, et pourquoi l’instrument laisse à chaque agent le choix de sa réponse.
Mécanisme 2 — Comment le passager clandestin affaiblit la négociation climatique
- Réduire ses propres émissions représente en revanche un coût immédiat, supporté par le seul pays qui s’engage
- Chaque État a donc intérêt à laisser les autres fournir l’effort tout en profitant du résultat : c’est le comportement de passager clandestin
- Anticipant que les autres raisonneront de la même façon, chacun limite ses engagements lors des négociations climatiques
- L’action collective aboutit à un résultat sous-optimal, défavorable à l’ensemble des pays y compris à ceux qui s’en croyaient bénéficiaires
- Un climat stable est un bien commun mondial : aucun pays ne peut être privé du bénéfice des réductions d’émissions réalisées par les autres
- Les engagements pris restent inférieurs à ce que la situation exigerait, et aucune autorité mondiale ne peut en sanctionner le non-respect
Correction
Ordre attendu :
- Un climat stable est un bien commun mondial : aucun pays ne peut être privé du bénéfice des réductions d’émissions réalisées par les autres
- Réduire ses propres émissions représente en revanche un coût immédiat, supporté par le seul pays qui s’engage
- Chaque État a donc intérêt à laisser les autres fournir l’effort tout en profitant du résultat : c’est le comportement de passager clandestin
- Anticipant que les autres raisonneront de la même façon, chacun limite ses engagements lors des négociations climatiques
- Les engagements pris restent inférieurs à ce que la situation exigerait, et aucune autorité mondiale ne peut en sanctionner le non-respect
- L’action collective aboutit à un résultat sous-optimal, défavorable à l’ensemble des pays y compris à ceux qui s’en croyaient bénéficiaires
L’enchaînement montre que l’échec ne vient ni de l’ignorance ni de la mauvaise foi, mais de la structure des incitations : ce qui est rationnel pour chacun est collectivement désastreux. Cela éclaire les solutions envisagées : rendre les engagements vérifiables, associer des transferts financiers vers les pays les plus pauvres, ou instaurer des sanctions commerciales pour rendre la défection coûteuse.