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Lecture de données — Le marché européen de quotas d’émission (EU ETS)

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Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.

Document — Plafond, émissions vérifiées et prix du quota dans le marché européen de quotas (EU ETS)

AnnéePlafond d’émissions fixé (millions de quotas)Émissions vérifiées des installations (millions de tonnes de CO2 éq.)Prix moyen du quota aux enchères (euros par tonne)
20221 528,61 31380,18
20231 485,61 09683,60
20241 386,11 03364,74
20251 298,1
20261 185,4
Source : Commission européenne, Rapport sur le fonctionnement du marché européen du carbone en 2024, COM(2025) 735 final, 3 décembre 2025 (tableau 1 « EU ETS cap », tableau 4 « Verified emissions from installations » et chapitre 4). Prix moyen de 2022 : rapport COM(2024) 538 final du 19 novembre 2024. · Champ : Union européenne, Islande, Liechtenstein et Norvège. Le plafond porte sur la production d’électricité et de chaleur, la production industrielle et, depuis 2024, le transport maritime ; un quota autorise l’émission d’une tonne de CO2 équivalent. Les émissions vérifiées sont celles des seules installations fixes. Le prix est le prix moyen des enchères de quotas généraux. Le tiret indique une donnée non publiée dans cette source : les émissions et le prix d’une année ne sont connus qu’après coup, alors que le plafond est fixé à l’avance. · Lecture : En 2024, le prix moyen du quota aux enchères s’élevait à 64,74 euros par tonne de CO2.
  1. De combien de millions de quotas le plafond d’émissions a-t-il été abaissé entre 2022 et 2026 ?

    millions de quotas

    Correction

    Réponse : 343.2 millions de quotas

    1 528,6 − 1 185,4 = 343,2 millions de quotas, soit autant de millions de tonnes de CO2 en moins autorisées. Cette baisse n’est pas subie : elle est décidée par l’autorité publique, qui pilote directement la quantité totale autorisée. C’est la propriété distinctive de cet instrument — et elle est programmée à l’avance, ce qui explique que le plafond de 2026 soit déjà connu.

  2. Quel est le taux de variation du prix moyen du quota entre 2023 et 2024, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)

    %

    Correction

    Réponse : -22.6 %

    (64,74 − 83,60) / 83,60 × 100 ≈ −22,6 %. Le prix du quota a donc chuté de près d’un quart en une seule année, alors même que le plafond continuait de baisser. Aucune autorité n’a décidé ce prix : il résulte de la confrontation de l’offre et de la demande de quotas.

  3. Quel est le taux de variation des émissions vérifiées des installations entre 2022 et 2024, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)

    %

    Correction

    Réponse : -21.3 %

    (1 033 − 1 313) / 1 313 × 100 ≈ −21,3 %. En deux ans, les émissions des installations couvertes ont reculé de plus d’un cinquième. Attention à ne pas confondre cette baisse avec celle du plafond : le plafond est un maximum autorisé, les émissions vérifiées sont ce qui a réellement été émis.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 64,74 » du tableau.

    Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la Commission européenne, en 2024, le prix moyen d’un quota vendu aux enchères sur le marché européen de quotas d’émission s’élevait à 64,74 euros par tonne de CO2. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 64,74 % » : la donnée est un prix en euros par tonne, pas une proportion ;
    • confondre le prix du quota avec le montant d’une taxe carbone : ici aucun prix n’est fixé par la puissance publique, il résulte de l’échange entre les acteurs ;
    • omettre l’unité (euros par tonne) ou l’année ;
    • oublier qu’il s’agit d’une moyenne annuelle : au cours de la même année, le prix a varié de 49,50 à 75,35 euros.
  5. Le plafond a été abaissé chaque année, et pourtant le prix du quota a reculé de près de 23 % en 2024. Comment expliquer ce paradoxe apparent, et que révèle-t-il sur la nature de cet instrument ?

    Comparez le rythme de baisse du plafond à celui des émissions vérifiées, puis demandez-vous d’où vient la demande de quotas.

    Correction

    Réponse attendue : le paradoxe n’est qu’apparent, parce que le prix ne dépend pas du seul plafond mais du rapport entre l’offre de quotas et la demande de quotas.

    Du côté de l’offre, l’autorité publique a bien resserré la contrainte : le plafond passe de 1 528,6 millions de quotas en 2022 à 1 386,1 millions en 2024, et il est déjà programmé à 1 185,4 millions pour 2026. C’est la quantité, et elle seule, que la puissance publique décide.

    Mais du côté de la demande, les émissions vérifiées des installations ont reculé encore plus vite : de 1 313 millions de tonnes en 2022 à 1 033 millions en 2024, soit −21,3 % en deux ans. Le rapport de la Commission attribue l’essentiel de ce recul à la baisse des émissions de la production d’électricité et de chaleur, liée à la progression des renouvelables et du nucléaire dans le mix électrique. Or des entreprises qui émettent moins ont besoin de moins de quotas : la demande s’est contractée plus vite que l’offre, et le prix moyen est retombé de 83,60 à 64,74 euros la tonne.

    Ce que cela révèle : dans un marché de quotas, la puissance publique fixe la quantité et laisse le prix se former par l’échange. C’est la garantie de l’instrument — le volume total d’émissions autorisées est certain — mais c’est aussi sa limite, car le prix est volatil et donc peu prévisible. Une entreprise qui doit décider aujourd’hui d’un investissement de dépollution rentable sur quinze ans ignore à quel prix elle devra acheter ses quotas demain. C’est la symétrie exacte de la taxe carbone, qui fixe le prix et laisse la quantité incertaine.

    Une bonne réponse cite au moins deux données du tableau et distingue explicitement ce que fixe l’autorité publique de ce qui résulte du marché.

Notions : marché de quotas d’émission taxation réglementation

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