Lecture de données — Qui paie les dépenses environnementales en France ?
Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.
Document — Les dépenses environnementales en France en 2023, selon le domaine et l’acteur qui les engage
| Acteur qui engage la dépense | Protection de l’environnement (milliards d’euros) | Gestion durable des ressources naturelles (milliards d’euros) | Ensemble (milliards d’euros) |
|---|---|---|---|
| Entreprises | 25 | 12 | 37 |
| Ménages | 20 | 19 | 39 |
| Administrations publiques | 20 | 2 | 22 |
| Associations | 2 | — | 2 |
| Ensemble | 67 | 33 | 100 |
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Quelle part des dépenses de protection de l’environnement les entreprises engagent-elles, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)
%
Correction
Réponse : 37.3 %
25 / 67 × 100 ≈ 37,3 %. Les entreprises sont le premier acteur de ce domaine, devant les administrations publiques et les ménages (20 milliards chacun). Attention à ne pas rapporter les 25 milliards au total de 100 milliards : la question porte sur la seule colonne « protection de l’environnement ».
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Quelle part des dépenses de gestion durable des ressources naturelles les ménages engagent-ils, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)
%
Correction
Réponse : 57.6 %
19 / 33 × 100 ≈ 57,6 %. Les ménages financent donc la majorité de l’effort de sortie des énergies fossiles — rénovation du logement, pompes à chaleur, panneaux solaires. C’est une information politiquement décisive : ces dépenses sont largement décidées par des particuliers, ce qui explique que l’action publique passe ici par la subvention plutôt que par l’ordre.
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Quelle part de l’ensemble des dépenses environnementales est engagée par les acteurs privés (entreprises, ménages et associations), en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 78 %
(37 + 39 + 2) / 100 × 100 = 78 %, soit plus des trois quarts. Les administrations publiques n’engagent directement que 22 % des dépenses. Le SDES publie 21,5 % sur des données non arrondies : l’écart tient aux arrondis du tableau.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 22 » de la dernière colonne.
Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon le SDES, en France, en 2023, les administrations publiques ont engagé 22 milliards d’euros de dépenses environnementales, tous domaines confondus. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 22 % » : la donnée est un montant en milliards d’euros ; la part de 22 % se calcule, elle ne se lit pas ;
- confondre « engager » et « financer » : les administrations engagent 22 milliards de dépenses propres, mais en financent 30,5 milliards au total, la différence correspondant aux aides versées aux acteurs privés ;
- oublier que le champ couvre à la fois la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles.
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Plus des trois quarts des dépenses environnementales sont engagées par des acteurs privés. Peut-on en conclure que l’action publique environnementale est marginale ? Justifiez.
Distinguez qui décide la dépense, qui la paie in fine, et ce qui pousse une entreprise ou un ménage à engager une dépense environnementale.
Correction
Réponse attendue : non, et le raisonnement inverse serait une erreur d’interprétation classique.
Premier argument : les acteurs privés dépensent parce que la puissance publique les y contraint ou les y incite. Les instruments du chapitre agissent tous en modifiant le calcul d’agents privés. La réglementation impose des normes — un industriel qui installe un filtre engage une dépense privée en exécution d’une obligation publique. La taxation renchérit la pollution. La subvention abaisse le coût du comportement vertueux : les 19 milliards d’euros dépensés par les ménages en rénovation et en énergies renouvelables sont largement suscités par des aides publiques. La dépense est privée, la décision qui la déclenche est souvent publique.
Deuxième argument : une partie de la dépense privée est en réalité financée par de l’argent public. Les administrations versent 9,1 milliards d’euros d’aides aux entreprises, aux ménages et aux associations, soit 12 % des dépenses environnementales engagées par ces acteurs. La frontière entre dépense privée et dépense publique est donc poreuse.
Troisième argument : les administrations engagent des dépenses que personne d’autre ne prendrait en charge. Leurs 22 milliards se concentrent sur la protection de l’environnement (20 milliards), essentiellement via les collectivités locales : eaux usées, déchets, biodiversité. Ce sont typiquement des biens collectifs, dont l’usage ne peut être facturé individuellement et qu’aucun agent privé n’a intérêt à financer seul.
Conclusion : le partage observé ne mesure pas le poids de l’action publique, mais son mode opératoire. L’État agit moins en dépensant lui-même qu’en orientant les dépenses des autres — c’est même l’intérêt des instruments incitatifs, qui obtiennent un résultat sans que la collectivité supporte l’intégralité du coût.