Lecture de données — Émissions de polluants et normes de qualité de l’air
Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.
Document — Émissions de polluants atmosphériques et dépassements des normes de qualité de l’air en France
| Polluant | Évolution des émissions nationales entre 2000 et 2024 (%) | Principal secteur émetteur en 2024 | Norme de qualité de l’air | Nombre d’agglomérations en dépassement en 2024 |
|---|---|---|---|---|
| Dioxyde de soufre (SO2) | − 87 | Industrie | Valeur limite | 0 |
| Oxydes d’azote (NOx), mesurés dans l’air en dioxyde d’azote (NO2) | − 65 | Transport routier et industrie | Valeur limite | 2 |
| Particules PM10 | − 52 | Résidentiel-tertiaire (46 % des émissions) | Valeur limite | 3 |
| Particules PM2,5 | − 59 | Résidentiel-tertiaire (68 % des émissions) | Valeur limite | 0 |
| Nickel (Ni) | − 88 | Industrie (environ 60 % des émissions) | Valeur cible | 1 |
| Ozone (O3) | Sans objet : polluant secondaire, formé dans l’air à partir des NOx et des COVNM | Sans source d’émission directe | Valeur cible | 17 |
| Composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) | − 50 | Agriculture et usage de solvants | Pas de norme de concentration | Sans objet |
| Ammoniac (NH3) | − 23 | Agriculture | Pas de norme de concentration | Sans objet |
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De combien de points de pourcentage la baisse des émissions de dioxyde de soufre dépasse-t-elle celle des émissions de particules PM10 entre 2000 et 2024 ?
points de %
Correction
Réponse : 35 points de %
87 − 52 = 35 points. Le contraste n’est pas fortuit : le SO2 est rejeté par un petit nombre de grandes installations industrielles, faciles à identifier, à équiper et à contrôler. Les PM10 proviennent surtout du chauffage domestique au bois, c’est-à-dire de millions de foyers dispersés. La réglementation est d’autant plus efficace que les émetteurs sont peu nombreux et repérables.
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Au total, combien d’agglomérations françaises ont connu en 2024 un dépassement d’une norme de qualité de l’air, tous polluants confondus ?
agglomérations
Correction
Réponse : 23 agglomérations
0 + 2 + 3 + 0 + 1 + 17 = 23 agglomérations. Sur les douze polluants réglementés, quatre seulement sont concernés : NO2, PM10, ozone et nickel.
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Quelle part de ces dépassements est imputable au seul ozone, en pourcentage ? (Arrondissez à une décimale.)
%
Correction
Réponse : 73.9 %
17 / 23 × 100 ≈ 73,9 %. Près de trois dépassements sur quatre concernent donc un polluant qui n’est émis par personne : l’ozone se forme dans l’atmosphère à partir d’autres polluants, sous l’effet du rayonnement solaire. Réglementer sa concentration revient à agir indirectement, sur ses précurseurs — et la norme qui lui est applicable n’est d’ailleurs qu’une valeur cible, à respecter « dans la mesure du possible ».
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « − 65 » du tableau.
Une phrase de lecture précise la source, le champ, la période, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon le Citepa, en France, les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 65 % entre 2000 et 2024. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « les émissions ont baissé de 65 points » : il s’agit d’un taux de variation, exprimé en pourcentage, et non d’un écart entre deux pourcentages ;
- confondre émissions et concentrations : la colonne mesure les quantités rejetées dans l’air, la dernière colonne mesure ce que l’on relève dans l’air respiré ;
- oublier qu’il s’agit d’une évolution sur vingt-quatre ans, et non d’une variation annuelle.
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Les émissions ont fortement baissé, et pourtant des dépassements subsistent. Que révèle le contraste entre le dioxyde de soufre et l’ozone sur la portée et les limites de la réglementation comme instrument ?
Comparez, pour chaque polluant, le nombre d’émetteurs, la possibilité de les contrôler, et le type de norme retenu par le législateur.
Correction
Réponse attendue : le tableau met en évidence une réussite spectaculaire de la réglementation, mais aussi les conditions très précises auxquelles elle est efficace.
Là où la réglementation fonctionne : le dioxyde de soufre. Les émissions ont chuté de 87 % entre 2000 et 2024 et aucune agglomération ne dépasse plus la valeur limite. Trois conditions étaient réunies : un petit nombre d’émetteurs identifiés — les installations industrielles —, une solution technique disponible, et un contrôle possible installation par installation. La norme produit alors exactement ce qu’on attend d’elle : un résultat certain. On observe la même chose pour le nickel, dont les émissions ont reculé de 88 % et dont un seul site industriel explique le dépassement résiduel.
Là où elle atteint ses limites : les pollutions diffuses. Les PM10 ne reculent que de 52 % et l’ammoniac de 23 % seulement. Ces polluants proviennent de millions de foyers se chauffant au bois et d’exploitations agricoles : on ne peut ni les inspecter individuellement, ni leur imposer un équipement sans coût politique et social considérable. Il est d’ailleurs révélateur que l’ammoniac et les COVNM ne fassent l’objet d’aucune norme de concentration, mais seulement d’un plafond national d’émission, beaucoup moins contraignant en pratique.
Le cas de l’ozone révèle une difficulté supplémentaire. Il concentre 17 des 23 dépassements alors qu’il n’est émis directement par personne : il se forme dans l’air à partir d’autres polluants. La norme applicable n’est donc qu’une valeur cible, à respecter « dans la mesure du possible ». Le législateur reconnaît ainsi qu’il ne peut pas garantir un résultat sur lequel les décisions individuelles n’ont qu’une prise indirecte.
Conclusion : la réglementation est l’instrument le plus sûr quand l’externalité est concentrée et observable ; elle devient rigide, coûteuse à contrôler et peu efficace quand la pollution est diffuse. C’est précisément dans ces situations que les instruments incitatifs — taxe, subvention — prennent le relais, parce qu’ils n’exigent pas de contrôler chaque émetteur.