Lecture de données — Subventionner la rénovation énergétique : deux formules d’aide
Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.
Document — Les deux formules d’aide publique à la rénovation énergétique des logements en France en 2024
| Caractéristique | Rénovation par geste (MaPrimeRénov’) | Rénovation d’ampleur (aides de l’Anah) |
|---|---|---|
| Nombre de logements aidés en 2024 | 241 000 | 91 900 |
| Coût moyen des travaux par logement (euros) | 10 250 | 41 475 |
| Part du coût des travaux prise en charge par l’aide publique (%) | 26 | 63 |
| Économie conventionnelle d’énergie par logement (MWh par an) | 5,9 | 17,1 |
| Réduction d’émissions par logement (tonnes de CO2 équivalent par an) | 2,5 | 3,5 |
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Quel est le montant moyen de l’aide publique par logement pour une rénovation par geste, en euros ?
€
Correction
Réponse : 2665 €
10 250 × 26 / 100 = 2 665 €. C’est le coût, pour les finances publiques, d’une rénovation par geste : l’essentiel de la dépense (7 585 €) reste à la charge du ménage.
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Quel est le montant moyen de l’aide publique par logement pour une rénovation d’ampleur, en euros ?
€
Correction
Réponse : 26129 €
41 475 × 63 / 100 ≈ 26 129 €, soit près de dix fois le montant versé pour une rénovation par geste. Le SDES publie 25 979 € en calculant sur des données non arrondies : l’écart provient uniquement des arrondis du tableau.
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Combien de fois l’économie d’énergie par logement d’une rénovation d’ampleur est-elle supérieure à celle d’une rénovation par geste ? (Arrondissez à une décimale.)
fois
Correction
Réponse : 2.9 fois
17,1 / 5,9 ≈ 2,9 fois. Une rénovation d’ampleur économise donc près de trois fois plus d’énergie — mais elle coûte à la puissance publique près de dix fois plus cher. Comparer ces deux rapports est exactement ce que doit faire un décideur public.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 63 » du tableau.
Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon le SDES, en France hors DROM, en 2024, l’aide publique a couvert en moyenne 63 % du coût des travaux des logements ayant engagé une rénovation énergétique d’ampleur avec une aide de l’Anah. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 63 % des logements » : la donnée porte sur la part du coût prise en charge, pas sur une proportion de logements ;
- oublier qu’il s’agit d’une moyenne : le taux atteint 77 % pour les ménages modestes et n’est que de 37 % pour les ménages plus aisés ;
- confondre le taux de prise en charge et le montant de l’aide, qui se déduit du coût des travaux.
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Laquelle des deux formules d’aide un décideur public devrait-il privilégier ? Construisez votre réponse en confrontant le coût pour les finances publiques et le gain environnemental obtenu.
Calculez, pour chaque formule, l’aide publique versée pour économiser un MWh par an. Puis demandez-vous ce que ce seul critère ne capte pas.
Correction
Réponse attendue : la comparaison chiffrée donne un avantage net à la rénovation par geste, mais ce critère unique conduirait à une conclusion trop rapide.
Le calcul décisif. Pour la rénovation par geste, l’aide moyenne est de 10 250 × 26 % ≈ 2 665 €, pour une économie de 5,9 MWh par an : la puissance publique dépense donc environ 2 665 / 5,9 ≈ 452 € par MWh économisé chaque année. Pour la rénovation d’ampleur, l’aide moyenne est de 41 475 × 63 % ≈ 26 129 €, pour 17,1 MWh par an, soit environ 26 129 / 17,1 ≈ 1 528 € par MWh. À gain énergétique égal, la rénovation d’ampleur coûte donc plus de trois fois plus cher au contribuable. Le même raisonnement sur les émissions donne 1 066 € par tonne de CO2 évitée chaque année pour le geste, contre 7 465 € pour l’ampleur.
Ce que ce critère ne capte pas. Trois arguments jouent en sens inverse.
- La rénovation par geste laisse 74 % du coût à la charge du ménage, ce qui exclut de fait les plus modestes ; la rénovation d’ampleur prend en charge 77 % du coût pour eux. L’aide poursuit aussi un objectif de justice sociale.
- La rénovation d’ampleur cible les passoires énergétiques : 51 % des logements aidés, soit 46 800 logements, en sortent durablement. Le gain est acquis une fois pour toutes, alors qu’un geste isolé peut être suivi de travaux ultérieurs plus coûteux.
- Une partie des subventions par geste finance des travaux que le ménage aurait réalisés de toute façon : c’est l’effet d’aubaine, qui gonfle artificiellement le rendement apparent de l’aide.
Ce que révèle l’arbitrage de 2024. Les pouvoirs publics ont tranché en faveur de la rénovation d’ampleur : les conditions d’attribution du geste ont été durcies, ses dossiers ont été divisés par deux (271 000 contre 584 000 en 2023), tandis que les rénovations d’ampleur progressaient de 28 %. On voit ici la difficulté propre à la subvention comme instrument : contrairement à la taxe, qui laisse le marché sélectionner les réductions les moins coûteuses, elle oblige la puissance publique à décider elle-même quels comportements financer — et donc à se tromper parfois.