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Lecture de données — Les énergies renouvelables en Europe et les objectifs nationaux

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le tableau pour répondre. Arrondissez à une décimale lorsque c’est nécessaire.

Document — Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en 2023 et objectif fixé pour 2020

PaysPart des énergies renouvelables en 2023 (%)Objectif national fixé pour 2020 (%)
Suède66,449,0
Finlande50,738,0
Danemark44,430,0
Autriche40,834,0
Espagne24,920,0
Union européenne (27 pays)24,620,0
France22,423,0
Allemagne21,618,0
Italie19,617,0
Pologne16,615,0
Belgique14,713,0
Luxembourg14,411,0
Source : SDES (ministère de la Transition écologique), Chiffres clés des énergies renouvelables, édition 2025, d’après Eurostat, données 2023. · Champ : Union européenne. Part de l’énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie, calculée selon les règles européennes ; elle peut tenir compte de transferts statistiques entre États membres. Les objectifs pour 2020 étaient juridiquement contraignants et propres à chaque pays. En France, la part atteint 23,0 % en 2024 (données provisoires) et l’objectif fixé pour 2030 est de 33 % ; pour l’ensemble de l’Union, l’objectif à l’horizon 2030 a été porté à au moins 42,5 %. · Lecture : En 2023, les énergies renouvelables représentaient 22,4 % de la consommation finale brute d’énergie en France.
  1. De combien de points de pourcentage la France se situait-elle au-dessus ou au-dessous de son objectif fixé pour 2020 ?

    points de %

    Correction

    Réponse : -0.6 points de %

    22,4 − 23,0 = − 0,6 point. Trois ans après l’échéance, la France n’avait donc toujours pas atteint l’objectif qu’elle devait tenir en 2020 — le seul cas de ce tableau. Notez que l’écart se comble : la part atteint 23,0 % en 2024.

  2. De combien de points de pourcentage la part suédoise dépasse-t-elle la moyenne de l’Union européenne en 2023 ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 41.8 points de %

    66,4 − 24,6 = 41,8 points. L’écart entre États membres est considérable : la Suède, riche en hydroélectricité et en biomasse forestière, se situe à un niveau presque trois fois supérieur à la moyenne européenne. Cette hétérogénéité explique que les objectifs européens soient différenciés pays par pays plutôt qu’uniformes.

  3. Combien de pays du tableau (hors ligne « Union européenne ») avaient atteint ou dépassé leur objectif fixé pour 2020 ?

    pays

    Correction

    Réponse : 10 pays

    Le tableau recense 11 pays ; tous dépassent leur objectif sauf la France. La réponse est donc 10 pays. Le résultat mérite d’être souligné : un objectif contraignant fixé collectivement peut être largement tenu, même sans autorité mondiale — à condition qu’il existe une autorité régionale et des règles communes.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 44,4 » du tableau.

    Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon Eurostat, en 2023, les énergies renouvelables représentaient 44,4 % de la consommation finale brute d’énergie au Danemark. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 44,4 % de l’électricité » : l’indicateur porte sur toute l’énergie consommée — électricité, chaleur et transports —, et non sur la seule production électrique ;
    • confondre production et consommation : c’est la consommation finale brute qui sert de dénominateur, ce qui permet de comparer des pays de tailles très différentes ;
    • oublier l’année, alors que la part progresse d’une année sur l’autre.
  5. La France est le seul pays du tableau à ne pas avoir atteint son objectif de 2020. Que révèle cet exemple sur la portée réelle des engagements pris à l’échelle européenne ?

    Demandez-vous ce qui distingue un engagement européen d’un engagement pris lors d’une conférence internationale, puis ce que peut faire l’Union lorsqu’un État ne tient pas le sien.

    Correction

    Réponse attendue : l’exemple montre à la fois la force et la fragilité des engagements européens.

    Ce qui les distingue des engagements mondiaux. Contrairement aux contributions annoncées lors des conférences climatiques, les objectifs de 2020 étaient inscrits dans une directive, donc juridiquement contraignants, avec des règles de mesure communes et un suivi statistique harmonisé par Eurostat. Il existe une autorité — la Commission européenne — capable d’engager une procédure contre un État défaillant. Le résultat est net : dix des onze pays du tableau ont atteint ou dépassé leur objectif, y compris des pays partis de très bas comme le Luxembourg, passé au-dessus de son objectif de 11 %.

    Ce que le cas français révèle des limites. Avec 22,4 % en 2023 pour un objectif de 23 % en 2020, la France reste en retard trois ans après l’échéance, sans que cela ait entraîné de conséquence majeure. Deux raisons expliquent cette relative impunité. D’une part, la sanction est politiquement coûteuse à mettre en œuvre entre États membres. D’autre part, le mécanisme des transferts statistiques permet d’acheter à un autre pays un excédent de production renouvelable comptabilisé à son crédit : l’objectif est alors atteint sur le papier sans que les émissions aient nécessairement baissé.

    Ce qu’il faut en conclure. L’existence d’une autorité commune améliore nettement le respect des engagements par rapport à la négociation internationale — c’est l’argument central du chapitre. Mais elle ne le garantit pas : entre États souverains, même liés par un traité, la contrainte demeure imparfaite. L’enjeu devient d’autant plus lourd que l’objectif suivant est bien plus ambitieux : 33 % pour la France et au moins 42,5 % pour l’Union à l’horizon 2030, alors que la France n’était qu’à 23,0 % en 2024.

Notions : action collective réglementation subvention développement soutenable

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Tout le chapitre : Action publique et environnement