Lecture de données — Les risques environnementaux perçus par les Français
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Document — Perception des risques environnementaux par les Français en 2024
| Risque perçu pour les Français en général | Très élevé (%) | Élevé (%) | Moyen (%) | Faible (%) | Quasi nul (%) | Ne sait pas (%) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Les pesticides | 30 | 39 | 23 | 6 | 1 | 1 |
| Les inondations | 26 | 42 | 24 | 6 | 1 | 1 |
| La pollution de l’air | 26 | 40 | 25 | 7 | 1 | 1 |
| La pollution de l’eau | 26 | 38 | 27 | 7 | 1 | 1 |
| Les canicules | 24 | 40 | 26 | 7 | 2 | 1 |
| Les déchets radioactifs | 22 | 28 | 25 | 15 | 4 | 6 |
| Les centrales nucléaires | 16 | 24 | 31 | 19 | 6 | 4 |
| Le radon dans les habitations | 7 | 18 | 31 | 18 | 5 | 21 |
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Quelle part des Français jugeaient le risque lié aux pesticides élevé ou très élevé en 2024 ?
%
Correction
Réponse : 69 %
30 + 39 = 69 %, soit plus de deux Français sur trois. Les pesticides arrivent en tête du classement pour la deuxième année consécutive. Additionner deux modalités voisines est un réflexe à acquérir : c’est ce qui permet de comparer des risques dont la répartition interne diffère.
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Quelle part des Français jugeaient le risque lié aux centrales nucléaires élevé ou très élevé en 2024 ?
%
Correction
Réponse : 40 %
16 + 24 = 40 %. Le risque nucléaire, longtemps au sommet de la hiérarchie des inquiétudes, se situe désormais loin derrière les pollutions et les risques climatiques.
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De combien de points de pourcentage l’inquiétude suscitée par les pesticides dépasse-t-elle celle que suscitent les centrales nucléaires ?
points de %
Correction
Réponse : 29 points de %
69 − 40 = 29 points. L’écart est considérable et il éclaire la mise à l’agenda : un risque diffus, quotidien et lié à l’alimentation inquiète davantage qu’un risque concentré, spectaculaire mais perçu comme maîtrisé.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 21 » de la dernière colonne.
Une phrase de lecture précise la source, le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’ASNR, en France hors DROM, fin 2024, 21 % des personnes interrogées ne savaient pas évaluer le risque que représente le radon dans les habitations pour la population française. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- interpréter cette valeur comme un risque faible : elle mesure une absence d’opinion, pas une opinion rassurante ;
- oublier que la question porte sur le risque « pour les Français en général », et non sur le risque perçu pour soi-même ;
- négliger le contraste : cette modalité ne recueille que 1 % pour les pesticides ou la pollution de l’air, contre 21 % ici. Un gaz radioactif naturel, invisible et cantonné à certains territoires reste largement inconnu du public.
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En quoi la hiérarchie des risques perçus par la population éclaire-t-elle les choix, et les difficultés, de l’action publique environnementale ?
Demandez-vous ce qui rend un problème « politique », puis ce qui sépare l’inquiétude déclarée de l’acceptation d’une contrainte ou d’un coût.
Correction
Réponse attendue : l’opinion agit sur l’action publique par deux canaux, mais elle en limite aussi la portée.
Premier canal : la mise à l’agenda. Un problème n’est traité que s’il est perçu comme un problème. La montée de l’inquiétude relative aux inondations — de 32 % en 2011 à 68 % en 2024 — rend politiquement coûteux le fait de ne rien décider sur l’adaptation au changement climatique. Inversement, le radon, cancérogène reconnu, ne suscite ni inquiétude ni demande d’action : 21 % des enquêtés ne savent même pas se prononcer. L’action publique est ainsi tirée par la visibilité du risque autant que par sa gravité mesurée, ce qui explique le rôle décisif des experts et des ONG : ils travaillent précisément à rendre visibles des risques qui ne le sont pas.
Deuxième canal : l’acceptabilité des instruments. Les Français désignent massivement les pouvoirs publics comme l’acteur qui doit agir en priorité — 50 %, contre 26 % pour les entreprises et 17 % pour les ménages. Attendre l’action de l’État tout en s’en désignant peu responsable soi-même est une position confortable, mais elle fragilise les instruments qui font peser le coût sur les particuliers. C’est le problème de la taxe carbone : bien acceptée dans son principe, contestée dès qu’elle renchérit le carburant. Cela éclaire aussi le succès relatif de la subvention, qui fait payer le contribuable plutôt que le pollueur.
Nuance à apporter. Une inquiétude déclarée n’est pas un consentement à payer : entre l’enquête d’opinion et le comportement effectif, l’écart peut être considérable. Un décideur qui prend les préoccupations déclarées pour un mandat d’agir s’expose à une contestation qu’il n’avait pas anticipée.