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Rédaction — Taxe carbone ou marché de quotas ?

RédactionRédactionDifficile25 min

Rédigez un paragraphe d’une dizaine de lignes en suivant la méthode AEI : Affirmation, Explication, Illustration.

  1. Rédigez un paragraphe comparant la taxation et le marché de quotas d’émission comme instruments de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

    Affirmation : annoncez le critère de comparaison en une phrase. Explication : montrez que la taxe fixe le prix et laisse la quantité incertaine, tandis que le marché de quotas fixe la quantité et laisse le prix se former ; déduisez-en l’avantage et la limite de chacun. Illustration : appuyez-vous sur un exemple chiffré tiré des exercices du chapitre.

    Correction

    Exemple de paragraphe attendu

    Affirmation. La taxe carbone et le marché de quotas d’émission visent le même objectif — internaliser l’externalité négative que constitue la pollution — mais ils n’offrent pas la même garantie : l’un fixe le prix du carbone, l’autre fixe la quantité émise.

    Explication. La taxe fixe un prix par tonne de CO2. Chaque agent compare ce prix au coût de sa propre dépollution et réduit ses émissions tant que dépolluer coûte moins cher que payer. L’effort se concentre donc naturellement là où il est le moins onéreux, et l’État perçoit des recettes qu’il peut redistribuer. En revanche, la quantité d’émissions finalement évitée n’est pas connue à l’avance : elle dépend de la réaction des agents. Le marché de quotas procède à l’inverse. L’autorité publique fixe un plafond total d’émissions, distribue des quotas et en autorise l’échange : la quantité est donc garantie, et l’échange conduit là aussi à réduire au moindre coût. Mais le prix devient incertain et volatil, et il s’effondre si les quotas alloués sont trop nombreux — le dispositif cesse alors d’inciter à investir. Chacun des deux instruments garantit ainsi ce que l’autre laisse indéterminé, ce qui explique que les politiques environnementales les combinent souvent avec la réglementation et la subvention.

    Illustration. Ainsi, dans l’exercice sur la taxe carbone, un prélèvement de 45 euros par tonne conduit l’entreprise A, dont la dépollution coûte 30 euros la tonne, à supprimer ses émissions, tandis que l’entreprise B, dont elle coûte 60 euros, préfère payer : les émissions du secteur reculent de 40 %, mais ce résultat n’avait été décidé par personne. À l’inverse, dans le marché européen de quotas étudié, c’est la quantité qui est pilotée : le plafond passe de 1 528,6 millions de quotas en 2022 à 1 386,1 millions en 2024, et il est déjà programmé à 1 185,4 millions pour 2026. Le prix, lui, échappe à l’autorité publique : il est retombé de 83,60 à 64,74 euros la tonne entre 2023 et 2024, soit − 22,6 %, alors même que le plafond continuait de baisser.

    Variante acceptée : un paragraphe organisé autour du critère de l’acceptabilité sociale et du « qui paie », à condition que la distinction prix / quantité y figure et que l’illustration soit chiffrée.

Critères de réussite
  • L’affirmation annonce clairement le critère de comparaison entre les deux instruments.
  • La taxation et le marché de quotas sont définis avec précision, et l’opposition prix fixé / quantité fixée est explicitement formulée.
  • L’avantage et la limite de chaque instrument sont déduits du mécanisme exposé, et non simplement énumérés.
  • L’illustration comporte au moins deux données chiffrées correctement lues et rattachées à l’explication.
  • Le vocabulaire du chapitre (externalité négative, internalisation, plafond d’émissions, coût de dépollution) est employé à bon escient.

Notions : taxation marché de quotas d’émission externalité négative réglementation

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Action publique et environnement