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Étude de document — Ce que change vraiment l'obtention du diplôme

Étude de documentÉtude de documentDifficile📄 Document sourcé20 min

Lisez le texte, puis répondez aux questions dans l'ordre.

Document — Réussir son diplôme ou échouer en dernière année : quelle différence ?

Mesurer l'effet du diplôme est difficile : comparer un diplômé de master à un jeune sorti sans qualification ne dit pas grand-chose, tant les deux diffèrent par leur parcours et leur milieu. Une étude de l'Insee suit les jeunes entrés en sixième en 2007 et compare, pour un même diplôme préparé, ceux qui l'ont obtenu à ceux qui ont suivi la même année terminale mais ont échoué ou abandonné. Seul le titre, ou presque, les sépare.

À 26 ou 27 ans, en 2023, 88 % des jeunes ayant obtenu leur diplôme sont en emploi, contre 82 % de ceux qui ont abandonné. Mais une fois neutralisées les différences d'origine sociale, de sexe et de réussite scolaire antérieure, l'écart se réduit à 2 points. Côté salaire : 2 020 euros nets par mois contre 1 820 euros, soit 11 % de plus, mais 3 % seulement à profil comparable.

C'est sur l'accès aux emplois qualifiés que le diplôme pèse le plus. Parmi les jeunes salariés diplômés, 61 % occupent un emploi de cadre ou de profession intermédiaire, contre 39 % de ceux qui ont abandonné : 22 points d'écart, ramenés à 12 points à profil comparable. Obtenir un bac + 2 augmente ainsi de 20 points la probabilité d'occuper un tel poste, et obtenir un master augmente de 15 points celle d'être cadre.

D'après Insee, « Obtenir son diplôme améliore les chances d'accéder aux postes les plus qualifiés », Insee Première n° 2109, juin 2026.

Source : Insee, enquête Entrée dans la vie adulte (EVA) 2007, Depp-Insee-Sies — Insee Première n° 2109, juin 2026. Synthèse rédigée à partir de cette publication. · Champ : France hors Mayotte, jeunes entrés en sixième pour la première fois en 2007 et ayant suivi l'année terminale de préparation d'un diplôme, observés en 2023 à l'âge de 26-27 ans.
  1. Quelle est la comparaison retenue par l'étude ? En quoi est-elle plus rigoureuse qu'une comparaison entre diplômés du supérieur et jeunes sans qualification ?

    Repérez précisément les deux groupes comparés dans le premier paragraphe.

    Correction

    Les deux groupes comparés sont, pour un même diplôme préparé : d'un côté les jeunes qui l'ont obtenu, de l'autre ceux qui ont suivi la même année terminale mais ont échoué aux examens ou abandonné en cours d'année.

    Pourquoi c'est plus rigoureux. Comparer un diplômé de master à un jeune sorti sans qualification revient à comparer deux personnes qui diffèrent par presque tout : le parcours scolaire, les résultats antérieurs, souvent le milieu social. On ne saurait donc pas si l'écart observé vient du diplôme ou de ces différences.

    En comparant deux jeunes qui ont suivi la même année terminale, on rapproche fortement les profils : même orientation, même niveau atteint, même durée d'études ou presque. Ce qui les sépare, c'est essentiellement le titre. L'écart observé se rapproche donc de l'effet propre du diplôme.

    Les auteurs vont plus loin en neutralisant en outre l'origine sociale, le sexe et la réussite scolaire passée : c'est le passage de l'écart « brut » à l'écart « à profil comparable ».

  2. Relevez, pour l'emploi et pour le salaire, l'écart brut puis l'écart à profil comparable. Que révèle la différence entre les deux mesures ?

    Correction

    Pour l'accès à l'emploi : l'écart brut est de 6 points (88 % contre 82 %), ramené à 2 points une fois les profils rendus comparables.

    Pour le salaire : l'écart brut est de 11 % (2 020 euros contre 1 820 euros), ramené à 3 %.

    Ce que révèle la différence. L'essentiel de l'écart brut ne vient pas du diplôme lui-même mais des caractéristiques des personnes qui l'obtiennent : celles qui réussissent leur diplôme se sont plus souvent engagées dans des formations élevées, ont de meilleurs résultats scolaires antérieurs et viennent plus souvent de milieux favorisés. En d'autres termes, une part importante de ce que l'on attribue spontanément au diplôme relève en réalité de ce qui a permis de l'obtenir.

    Cela n'annule pas l'effet du diplôme, mais le redimensionne : sur l'accès à l'emploi et sur le salaire immédiat, l'effet propre du seul titre est modeste.

  3. Sur quelle dimension le diplôme pèse-t-il le plus lourd ? Citez les chiffres et expliquez ce résultat.

    Le troisième paragraphe donne la réponse. Demandez-vous à quoi sert un diplôme au moment du recrutement.

    Correction

    La dimension décisive est l'accès aux emplois qualifiés. Parmi les jeunes salariés ayant obtenu leur diplôme, 61 % occupent un emploi de cadre ou de profession intermédiaire, contre 39 % de ceux qui ont abandonné, soit 22 points d'écart. Contrairement aux écarts d'emploi et de salaire, celui-ci reste important une fois les profils rendus comparables : 12 points. L'effet est encore plus net dans le supérieur : +20 points pour un diplôme de niveau bac + 2 sur la probabilité d'occuper un poste de cadre ou de profession intermédiaire, +15 points pour un master sur la probabilité d'être cadre.

    Explication. Le diplôme fonctionne comme une clé d'accès à certaines positions professionnelles. Beaucoup de postes qualifiés, dans le privé comme dans la fonction publique, exigent formellement un titre : sans le diplôme, la candidature n'est même pas examinée. Deux jeunes ayant suivi les mêmes cours pendant la même année, mais dont l'un seulement a validé son master, n'auront donc pas accès aux mêmes emplois.

    On comprend alors le décalage entre les résultats : le diplôme change relativement peu la probabilité d'avoir un emploi, mais beaucoup la nature de l'emploi auquel on accède — et donc, à terme, la carrière et le salaire.

  4. En quoi ces résultats permettent-ils de discuter l'idée selon laquelle les études rendent plus productif ?

    Comparez ce que la dernière année de formation apporte en compétences et ce que le titre apporte à celui qui l'obtient.

    Correction

    Le point de départ du raisonnement. Les deux groupes comparés ont suivi la même année terminale : ils ont donc reçu à peu près le même enseignement et acquis des connaissances proches. Si les études rendaient plus productif, l'écart entre eux devrait être faible, puisque ce n'est pas l'obtention du papier qui produit la compétence.

    Ce que montrent les résultats. L'écart de salaire à profil comparable est en effet modeste (3 %), ce qui va dans ce sens. Mais l'écart d'accès aux emplois qualifiés reste important (12 points) : le titre ouvre des portes que les mêmes compétences, non certifiées, n'ouvrent pas. Cela suggère que le diplôme joue aussi comme une information transmise à l'employeur, qui ne peut pas observer directement la valeur du candidat et se fie au titre pour trier les candidatures.

    La conclusion à retenir. Les deux lectures gardent une part de vérité et le document ne tranche pas : la formation apporte réellement des connaissances, mais le diplôme vaut aussi par lui-même, indépendamment de ce qu'il a fait acquérir. Une prudence s'impose enfin : deux jeunes qui suivent la même année terminale et dont l'un échoue peuvent différer par des qualités que l'enquête ne mesure pas — l'assiduité, la santé, la situation familiale. Aucune étude ne compare jamais des personnes rigoureusement identiques.

  5. À partir de ce document et de vos connaissances, expliquez pourquoi la phrase « le diplôme fait le salaire » est trop simple.

    Correction

    Ce que la phrase a de juste. Le lien statistique existe et il est fort : les diplômés gagnent en moyenne plus que les non-diplômés, et ce document le confirme (2 020 euros contre 1 820 euros).

    Ce qu'elle a de trop simple.

    • L'effet propre du diplôme sur le salaire immédiat est modeste : ramené à 3 % lorsque les profils sont comparables. Une bonne partie de l'écart apparent tient à ce qui a permis d'obtenir le diplôme — l'origine sociale, les résultats scolaires antérieurs — et non au diplôme lui-même.
    • Le diplôme agit surtout indirectement, par l'accès aux emplois qualifiés : c'est la position occupée qui détermine ensuite la rémunération et sa progression. Le diplôme ouvre la porte, c'est l'emploi qui paie.
    • D'autres facteurs interviennent à diplôme identique : l'expérience et l'ancienneté, le secteur d'activité, la taille de l'entreprise, le temps de travail, le réseau de relations, ainsi que les discriminations liées au sexe, à l'origine ou au lieu de résidence.
    • Enfin, le rendement d'un titre n'est pas fixe : il dépend du nombre de personnes qui le détiennent et de la structure des emplois disponibles.

    Formulation plus juste : le diplôme améliore fortement les chances d'accéder à un emploi qualifié, donc mieux rémunéré, mais il n'en fixe ni le montant ni la garantie.

Notions : diplôme qualification salaire capital humain

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