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Lecture de données — Le chômage en phase d'insertion, selon le diplôme et l'ancienneté

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé24 min

Utilisez le document pour répondre. Les quatre premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Taux de chômage en 2023 selon le diplôme, le sexe et la durée écoulée depuis la sortie de formation initiale (en %)

CaractéristiquesSortis depuis 1 à 4 ansSortis depuis 5 à 10 ansSortis depuis 11 ans ou plus
Femmes12,99,15,6
Hommes15,59,65,6
Bac + 5 ou plus6,84,83,6
Bac + 3 ou bac + 410,76,93,8
Bac + 211,06,63,9
Baccalauréat ou équivalent18,210,95,7
CAP, BEP ou équivalent17,511,76,4
Aucun diplôme, brevet des collèges42,429,910,1
Ensemble14,29,35,6
Source : Insee, enquête Emploi 2023 (Insee Références, « Formations et emploi », édition 2025, fiche 2.3 « Chômage en phase d'insertion professionnelle », figure 1). · Champ : France hors Mayotte, personnes actives vivant en logement ordinaire, sorties depuis un an ou plus de formation initiale. Il s'agit du taux de chômage au sens du Bureau international du travail : les chômeurs sont rapportés à la population active du groupe. · Lecture : En 2023, 42,4 % des actifs sans diplôme ou titulaires du seul brevet des collèges et sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans sont au chômage.
  1. Quel est le taux de chômage des actifs sans diplôme ou titulaires du seul brevet, sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 42,4 %

    Lecture directe : 42,4 %. Plus de quatre jeunes actifs sur dix sortis sans diplôme sont au chômage dans les quatre premières années suivant la fin de leurs études.

  2. Quel est l'écart, en points de pourcentage, entre le taux de chômage des non-diplômés et celui des diplômés de niveau bac + 5 ou plus, parmi les sortants depuis 1 à 4 ans ?

    points

    Correction

    Réponse : 35,6 points

    42,4 − 6,8 = 35,6 points. C'est en début de vie active que le diplôme fait la plus grande différence.

  3. Par combien le taux de chômage des non-diplômés est-il multiplié par rapport à celui des diplômés de niveau bac + 5 ou plus, parmi les sortants depuis 1 à 4 ans ? Donnez le coefficient à deux décimales.

    Correction

    Réponse : 6,24

    42,4 / 6,8 ≈ 6,24. Onze ans après la fin des études, le même rapport tombe à 10,1 / 3,6 ≈ 2,81 : les écarts se resserrent avec l'ancienneté, sans jamais disparaître.

  4. De combien le taux de chômage des non-diplômés diminue-t-il entre les sortants depuis 1 à 4 ans et ceux sortis depuis 11 ans ou plus, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : -76,18 %

    (10,1 − 42,4) / 42,4 × 100 ≈ −76,2 %. Attention à ne pas confondre les deux lectures : la baisse est de 32,3 points de pourcentage, ce qui représente une diminution de plus des trois quarts du taux lui-même.

  5. Ce tableau et celui du premier exercice de lecture de données du chapitre portent tous deux sur le taux de chômage par diplôme, mais ne donnent pas les mêmes chiffres. Expliquez pourquoi, et ce que chacun permet de montrer.

    Comparez attentivement les deux champs : quelle population est observée dans chaque cas ?

    Correction

    La différence tient au champ, pas à une erreur.

    • Le premier document porte sur l'ensemble des actifs, tous âges et toutes anciennetés confondus : le taux de chômage des non-diplômés y est de 13,8 % en 2024.
    • Celui-ci porte sur les actifs selon la durée écoulée depuis la fin de leurs études. Chez les sortants récents non diplômés, le taux atteint 42,4 % ; il tombe à 10,1 % au-delà de onze ans d'ancienneté.

    Le premier tableau mélange donc des situations très différentes, et la moyenne qu'il affiche est tirée vers le bas par les actifs les plus anciens, beaucoup plus nombreux.

    Ce que chacun montre. Le premier établit le constat d'ensemble : le diplôme protège du chômage. Le second révèle quand il protège le plus : l'entrée dans la vie active est le moment où l'écart entre diplômes est le plus violent. Un même phénomène décrit sur deux champs différents donne deux images complémentaires ; c'est pourquoi la lecture d'un tableau commence toujours par celle de son champ.

  6. Le tableau ne classe pas les diplômes dans un ordre parfaitement décroissant. Repérez les irrégularités et proposez des explications, sans oublier l'écart entre femmes et hommes.

    Comparez la ligne « Baccalauréat » et la ligne « CAP, BEP », puis les lignes « Bac + 2 » et « Bac + 3 ou bac + 4 ». Regardez ensuite les deux premières lignes.

    Correction

    La tendance d'ensemble est nette : parmi les sortants depuis 1 à 4 ans, le taux de chômage descend de 42,4 % pour les non-diplômés à 6,8 % pour les diplômés de bac + 5 ou plus.

    Les deux irrégularités.

    • Baccalauréat (18,2 %) contre CAP, BEP (17,5 %) : les bacheliers qui s'arrêtent au baccalauréat sont légèrement plus souvent au chômage que les titulaires d'un CAP ou d'un BEP. La formation professionnelle prépare directement à un métier et débouche souvent sur une embauche dans l'entreprise d'apprentissage, alors qu'un baccalauréat général sans poursuite d'études ne correspond à aucune qualification professionnelle précise.
    • Bac + 2 (11,0 %) contre bac + 3 ou bac + 4 (10,7 %) : l'écart est ici minime, de 0,3 point. Les diplômes professionnels courts — BTS, BUT, diplômes paramédicaux — s'insèrent presque aussi bien que des titres plus élevés mais plus généraux.

    L'écart entre femmes et hommes joue en sens inverse de ce que l'on attend souvent : parmi les sortants récents, 12,9 % des femmes actives sont au chômage contre 15,5 % des hommes, soit 2,6 points de moins. Les jeunes femmes sont en effet plus diplômées que les jeunes hommes, et la tertiarisation des emplois leur a été favorable. Cet avantage s'efface ensuite : après onze ans, les deux taux sont identiques (5,6 %). Il faut se garder d'en conclure à l'absence d'inégalités : le taux de chômage ne dit rien du temps partiel, du type de contrat ni du salaire, trois dimensions sur lesquelles les femmes restent désavantagées.

    À retenir : la relation « plus de diplôme, moins de chômage » est une tendance d'ensemble solide, pas une mécanique valable marche par marche. La nature de la formation — générale ou professionnelle — compte autant que son niveau.

Notions : taux de chômage diplôme insertion professionnelle qualification

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Diplôme, emploi et salaire