Chaînes de causalité — Le circuit du financement et l’effet de l’inflation
Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d’ordre.
Mécanisme 1 — Comment un investissement est financé
- Elle s’adresse à sa banque, qui examine la rentabilité du projet, évalue le risque de non-remboursement et exige une garantie sur le matériel
- L’entreprise achète la machine, honore les commandes supplémentaires et dégage des recettes nouvelles
- La banque accorde le prêt à un taux d’intérêt qui rémunère à la fois l’attente et le risque : elle s’interpose ainsi entre les agents à capacité de financement et l’entreprise
- Une PME veut acquérir une machine de 400 000 €, alors que les bénéfices qu’elle a mis en réserve ne s’élèvent qu’à 90 000 €
- Sur ces recettes, elle verse chaque année les intérêts et rembourse progressivement le capital emprunté
- Son autofinancement étant insuffisant, elle se trouve en besoin de financement de 310 000 € et doit recourir à un financement externe
Correction
Ordre attendu :
- Une PME veut acquérir une machine de 400 000 €, alors que les bénéfices qu’elle a mis en réserve ne s’élèvent qu’à 90 000 €
- Son autofinancement étant insuffisant, elle se trouve en besoin de financement de 310 000 € et doit recourir à un financement externe
- Elle s’adresse à sa banque, qui examine la rentabilité du projet, évalue le risque de non-remboursement et exige une garantie sur le matériel
- La banque accorde le prêt à un taux d’intérêt qui rémunère à la fois l’attente et le risque : elle s’interpose ainsi entre les agents à capacité de financement et l’entreprise
- L’entreprise achète la machine, honore les commandes supplémentaires et dégage des recettes nouvelles
- Sur ces recettes, elle verse chaque année les intérêts et rembourse progressivement le capital emprunté
Retenez l’ordre dans lequel une entreprise mobilise ses ressources : autofinancement d’abord, financement externe ensuite, parce que le premier ne coûte ni intérêt ni partage du pouvoir. Notez aussi que la banque ne prête pas contre la seule signature : elle sélectionne les projets, ce qui fait d’elle bien autre chose qu’un simple guichet. C’est ce service de sélection et de prise de risque qui justifie l’intermédiation.
Mécanisme 2 — Ce qu’une inflation imprévue change pour un prêt à taux fixe
- Instruits par l’expérience, les prêteurs exigeront des taux nominaux plus élevés dès qu’ils anticiperont une inflation forte
- Les sommes remboursées permettent d’acheter moins de biens qu’au moment du prêt : la charge réelle de la dette de l’entreprise s’allège, au détriment de la banque
- Une banque et une entreprise concluent un prêt à un taux d’intérêt nominal de 4 %, fixé pour toute la durée du contrat
- Le taux d’intérêt réel, égal au taux nominal diminué de l’inflation, devient négatif : environ −1 %
- L’année suivante, la hausse des prix atteint finalement 5 %
- Ce taux avait été calculé sur la base d’une inflation anticipée de 1 % : la banque escomptait donc une rémunération réelle d’environ 3 %
Correction
Ordre attendu :
- Une banque et une entreprise concluent un prêt à un taux d’intérêt nominal de 4 %, fixé pour toute la durée du contrat
- Ce taux avait été calculé sur la base d’une inflation anticipée de 1 % : la banque escomptait donc une rémunération réelle d’environ 3 %
- L’année suivante, la hausse des prix atteint finalement 5 %
- Le taux d’intérêt réel, égal au taux nominal diminué de l’inflation, devient négatif : environ −1 %
- Les sommes remboursées permettent d’acheter moins de biens qu’au moment du prêt : la charge réelle de la dette de l’entreprise s’allège, au détriment de la banque
- Instruits par l’expérience, les prêteurs exigeront des taux nominaux plus élevés dès qu’ils anticiperont une inflation forte
Le point à comprendre est qu’un taux nominal fixe ne protège personne : il fige le contrat en euros, alors que ce qui compte est le pouvoir d’achat de ces euros. L’inflation opère donc un transfert du prêteur vers l’emprunteur — et le contraire si les prix ralentissent. C’est aussi ce mécanisme qui explique la dernière étape : les taux nominaux observés dans l’économie incorporent toujours une anticipation d’inflation.