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Lecture de données — Qui finance qui dans l’économie ?

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le tableau pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Capacité (+) ou besoin (−) de financement des secteurs institutionnels en France

Secteur institutionnel2023 (milliards €)2024 (milliards €)
Ménages+123,5+168,8
Sociétés non financières+35,0+38,4
Sociétés financières−38,3−39,4
Administrations publiques−151,7−169,7
Institutions sans but lucratif au service des ménages+4,6+5,7
Ensemble de l’économie nationale−27,0+3,8
Source : Eurostat, comptes nationaux annuels non financiers par secteur institutionnel (nasa_10_nf_tr), France, 2023 et 2024, données provisoires. · Champ : France ; opération B9 « capacité (+) ou besoin (−) de financement », en milliards d’euros courants. Les soldes sont arrondis au dixième : leur somme peut s’écarter de 0,1 du total affiché. Données extraites du databrowser Eurostat en août 2026 : ce millésime est antérieur à la révision des comptes nationaux publiée par l’Insee en mai 2026, qui corrige certains soldes sans en changer le signe. · Lecture : En 2024, les ménages ont dégagé une capacité de financement de 168,8 milliards d’euros, tandis que les administrations publiques ont exprimé un besoin de financement de 169,7 milliards d’euros.
  1. De combien la capacité de financement des ménages a-t-elle augmenté entre 2023 et 2024, en milliards d’euros ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 45,3 milliards €

    168,8 − 123,5 = 45,3 milliards d’euros. Il s’agit d’une variation absolue, en milliards, et non d’un pourcentage : rapportée au niveau de 2023, cette progression correspondrait à environ +37 %. Le solde des ménages reste positif les deux années : c’est le sens de l’idée selon laquelle ils sont structurellement en capacité de financement.

  2. Quel est, en 2024, le besoin de financement cumulé des secteurs qui en expriment un, en milliards d’euros ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 209,1 milliards €

    Deux secteurs seulement portent un signe négatif en 2024 : les sociétés financières (−39,4) et les administrations publiques (−169,7). Leur besoin cumulé s’élève donc à 39,4 + 169,7 = 209,1 milliards d’euros, dont plus des quatre cinquièmes proviennent des administrations publiques.

  3. Quelle part de ce besoin de financement cumulé la capacité de financement des ménages représente-t-elle en 2024, en % ?

    %

    Correction

    Réponse : 80,73 %

    168,8 / 209,1 × 100 ≈ 80,7 %. À elle seule, la capacité de financement des ménages couvrirait donc environ quatre cinquièmes des besoins exprimés par les autres secteurs. Le reste est couvert par les excédents des sociétés non financières et des associations, et le solde par le reste du monde.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « −169,7 ».

    Une phrase de lecture complète comporte la source, le champ, la période, l’unité et la grandeur mesurée. Attention au sens du signe négatif.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon Eurostat, en France, en 2024, les administrations publiques ont exprimé un besoin de financement de 169,7 milliards d’euros. »

    On peut compléter en explicitant la notion : leurs dépenses, d’investissement comprises, ont excédé de 169,7 milliards d’euros les ressources qu’elles ont dégagées ; cet écart a dû être couvert par un endettement.

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « les administrations ont perdu 169,7 milliards » : un besoin de financement n’est pas une perte, c’est un solde qui sera couvert par un emprunt ;
    • lire le signe à l’envers et parler de capacité de financement ;
    • oublier l’unité (des milliards d’euros), l’année (2024) et le champ (la France).
  5. En vous appuyant sur le tableau, expliquez comment l’épargne des ménages permet de financer les autres agents, et dites ce que la dernière ligne apprend sur les relations financières de la France avec le reste du monde en 2024.

    Repérez d’abord les secteurs en capacité et ceux en besoin, additionnez chaque groupe, puis comparez le résultat à la dernière ligne du tableau.

    Correction

    Réponse attendue : le tableau partage les secteurs en deux groupes. En 2024, trois d’entre eux dégagent une capacité de financement : les ménages (+168,8), les sociétés non financières (+38,4) et les associations (+5,7), soit 212,9 milliards d’euros disponibles. Deux autres sont en besoin de financement : les sociétés financières (−39,4) et surtout les administrations publiques (−169,7), soit 209,1 milliards d’euros recherchés.

    Le rôle du système financier est de faire circuler les fonds des premiers vers les seconds. Deux canaux coexistent : les ménages déposent leur épargne dans des banques, qui prêtent ensuite aux entreprises et aux administrations — c’est le financement intermédié ; ou bien ils achètent, directement ou par l’intermédiaire de produits d’épargne, des actions et des obligations émises par les entreprises et par l’État — c’est le financement direct. Dans les deux cas, l’épargne des uns devient le financement des autres.

    Ce qu’apprend la dernière ligne. 212,9 − 209,1 = 3,8 : l’ensemble de l’économie nationale dégage en 2024 une capacité de financement de 3,8 milliards d’euros. Autrement dit, les capacités internes ont plus que couvert les besoins internes et la France a, au total, prêté au reste du monde plutôt que de lui emprunter. La comparaison avec 2023 est éclairante : cette année-là, l’économie nationale était encore en besoin de financement de 27,0 milliards d’euros. Ce n’est donc pas une situation permanente.

    Deux remarques attendues d’un bon devoir :

    • les sociétés non financières apparaissent ici en capacité de financement (+35,0 en 2023, +38,4 en 2024), alors que le cours les présente le plus souvent comme le secteur en besoin de financement. Le solde d’un secteur dépend de la conjoncture : quand l’investissement des entreprises recule alors que leurs profits se maintiennent, leur solde peut devenir positif ;
    • le solde de l’ensemble de l’économie n’est pas une grandeur autonome : il est exactement la somme des soldes des cinq secteurs, et il a pour contrepartie un solde de sens opposé du reste du monde. À l’échelle mondiale, tout besoin de financement a nécessairement pour contrepartie la capacité de financement de quelqu’un d’autre.

Notions : besoin de financement capacité de financement financement direct financement intermédié

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Tout le chapitre : Le financement de l'économie