Étude de document — Les Français et les placements en actions
Lisez le document puis répondez aux questions dans l’ordre.
Document — L’intérêt des Français pour la Bourse au plus haut depuis huit ans
Chaque année depuis 2017, l’Autorité des marchés financiers interroge un échantillon représentatif de la population française sur son rapport aux placements financiers. L’édition d’octobre 2025, conduite auprès de 2 120 personnes de 18 ans et plus, décrit un intérêt en hausse continue pour les actions.
61 % des personnes interrogées disent suivre l’évolution de la Bourse et des marchés financiers, contre 57 % un an plus tôt, mais 17 % seulement le font régulièrement. Les placements en actions intéressent désormais 34 % des Français, contre 32 % en 2024 et 29 % en moyenne entre 2017 et 2023, et 33 % déclarent leur faire confiance, soit cinq points de plus qu’un an auparavant. Cette confiance s’appuie sur le souvenir des performances passées : 55 % estiment que ces placements ont été rentables au cours des cinq dernières années.
L’intérêt déclaré se traduit dans les comportements. Parmi les personnes ayant épargné dans l’année écoulée, 17 % disent avoir investi en Bourse, contre 12 % un an plus tôt ; et 35 % des Français envisagent d’y investir dans les douze mois à venir, une proportion qui a presque doublé en huit ans.
Les écarts entre groupes restent cependant considérables. 46 % des hommes envisagent d’investir en actions, contre 25 % des femmes. 57 % des moins de 35 ans le déclarent, contre 20 % des 55 ans et plus. Enfin, 44 % des épargnants affirment gérer eux-mêmes leurs placements, contre 34 % en 2022, et 11 % disent déjà recourir à des outils d’intelligence artificielle pour s’informer avant de placer leur argent.
D’après Autorité des marchés financiers, Lettre de l’Observatoire de l’épargne n° 64, décembre 2025.
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Relevez trois indicateurs montrant que l’intérêt des Français pour les actions progresse, en précisant à chaque fois la période de comparaison.
Un indicateur d’évolution suppose deux dates. Cherchez les couples de chiffres du texte.
Correction
Trois relevés possibles parmi d’autres :
- la part des Français qui suivent l’évolution de la Bourse passe de 57 % en 2024 à 61 % en 2025 ;
- la part de ceux qui s’intéressent aux placements en actions passe de 29 % en moyenne sur 2017-2023, puis 32 % en 2024, à 34 % en 2025 ;
- parmi les personnes ayant épargné dans l’année, la part de celles qui déclarent avoir investi en Bourse passe de 12 % à 17 % en un an ;
- la part de ceux qui envisagent d’investir en actions dans les douze mois atteint 35 %, une proportion qui a presque doublé en huit ans ;
- la confiance dans les placements en actions gagne 5 points en un an, à 33 %.
Attention à la formulation. Ces chiffres sont des proportions de personnes, pas des montants placés. Dire « les Français ont acheté 34 % d’actions en plus » serait un contresens : le document mesure des opinions et des déclarations, pas des flux d’épargne.
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Le texte oppose 61 % de personnes qui suivent la Bourse et 17 % qui le font régulièrement. Que peut-on en conclure, et quelle précaution ce genre d’enquête impose-t-il ?
Interrogez-vous sur la différence entre déclarer un intérêt et agir.
Correction
Ce que l’écart révèle. Suivre l’actualité boursière « de temps en temps » et la suivre « régulièrement » n’engagent pas au même degré. Les 61 % décrivent une curiosité assez répandue ; les 17 % identifient un noyau bien plus étroit de personnes réellement mobilisées. Le même décalage se retrouve plus loin : 35 % envisagent d’investir dans l’année, mais seuls 17 % de ceux qui ont épargné ont effectivement investi en Bourse.
La précaution de méthode. Une enquête d’opinion enregistre des déclarations, pas des comportements observés. Trois biais classiques :
- l’écart entre l’intention et l’acte : envisager d’investir ne coûte rien, investir suppose de disposer d’une épargne mobilisable ;
- le biais de désirabilité : on se déclare volontiers informé et compétent ;
- la dépendance à la formulation des questions et au moment de l’enquête — ici octobre 2025, après plusieurs années de hausse des marchés, ce que le texte confirme puisque 55 % jugent ces placements rentables « au cours des cinq dernières années ».
Conclusion : ces chiffres sont des indicateurs d’attitude utiles pour repérer une tendance, mais ils doivent être confrontés à des données de comptabilité — encours détenus, flux de placements — pour mesurer ce qui finance réellement les entreprises.
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Décrivez précisément les inégalités d’accès aux placements en actions que révèle le document, et proposez des explications.
Deux clivages sont chiffrés : le sexe et l’âge. Pensez au patrimoine, au rapport au risque et à la durée du placement.
Correction
Les écarts chiffrés.
- Selon le sexe : 46 % des hommes envisagent d’investir en actions dans les douze mois, contre 25 % des femmes, soit un écart de 21 points — presque du simple au double.
- Selon l’âge : 57 % des moins de 35 ans, contre 20 % des 55 ans et plus, soit 37 points d’écart.
Explications possibles.
- Le patrimoine et le revenu. On ne place en actions que ce dont on n’a pas besoin à court terme. Il faut donc disposer d’une épargne de précaution avant de prendre le moindre risque, ce qui exclut de fait les ménages modestes.
- L’horizon de placement. L’action se justifie sur longue période, parce qu’elle est plus risquée mais rapporte davantage en moyenne. Un jeune actif a devant lui des décennies ; une personne proche de la retraite privilégie plus souvent la sécurité et la disponibilité de son épargne.
- La socialisation et la familiarité avec la finance. Le rapport au risque financier n’est pas également distribué : l’information économique, l’expérience du placement et la confiance en ses propres compétences sont socialement et sexuellement différenciées. Le texte le suggère en indiquant que 44 % des épargnants gèrent eux-mêmes leurs placements et que 11 % recourent à l’intelligence artificielle — deux pratiques qui supposent un minimum d’aisance.
Nuance attendue. Ces écarts portent sur des intentions, non sur des détentions effectives. Ils indiquent une inégalité d’appétence et d’accès, pas directement une inégalité de patrimoine — même si les deux vont généralement de pair.
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En quoi ce document éclaire-t-il le rôle des ménages dans le financement de l’économie ?
Reliez l’achat d’actions à la notion de financement externe direct, et demandez-vous ce qu’apporte à une entreprise l’épargnant qui achète une action.
Correction
Le lien avec le cours. Acheter une action, c’est participer au financement externe direct : l’épargnant apporte des fonds propres à une entreprise sans qu’aucun intermédiaire ne s’interpose entre eux, et il devient copropriétaire d’une fraction du capital. En contrepartie, il accepte de supporter lui-même le risque : ni le dividende ni la récupération de sa mise ne sont garantis, et il ne sera servi qu’après les créanciers.
Pourquoi l’attitude des ménages compte. Le système financier n’a de matière première que l’épargne des agents en capacité de financement. La façon dont les ménages répartissent cette épargne détermine quel type de financement l’économie peut offrir :
- une épargne placée sur des livrets ou en assurance-vie en euros alimente surtout le crédit et l’achat d’obligations, donc le financement par la dette ;
- une épargne placée en actions alimente le financement par fonds propres, celui dont ont particulièrement besoin les entreprises jeunes ou innovantes, qui n’ont ni garanties à offrir ni revenus réguliers à promettre.
La portée du document, et ses limites. Une hausse durable de l’intérêt pour les actions signalerait donc un déplacement possible de l’épargne vers le financement en fonds propres. Mais deux réserves s’imposent : les intentions déclarées ne sont pas des placements réalisés ; et l’essentiel du financement en actions par les ménages passe en réalité de manière indirecte, par l’assurance-vie en unités de compte et les organismes de placement collectif, dont ce document ne parle pas.