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Lecture de données — Emprunter quand on est petit, emprunter quand on est grand

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Crédits bancaires aux entreprises françaises selon leur taille, mai 2026

Catégorie d’entrepriseEncours de crédits fin mai 2026 (milliards €)Évolution des encours sur un an (%)Taux d’intérêt des crédits nouveaux (%)
PME et entreprises de taille indéterminée551,8+2,53,53
Entreprises de taille intermédiaire (ETI)386,5+0,73,74
Grandes entreprises236,5+7,43,23
Source : Banque de France, Stat Info « Financement des entreprises », mai 2026 (publié le 9 juillet 2026). · Champ : France ; sociétés non financières résidentes. Encours de crédits mobilisés, c’est-à-dire effectivement utilisés, fin mai 2026, en milliards d’euros. Le taux d’intérêt est celui des financements bancaires nouveaux du mois, toutes maturités confondues. Les catégories d’entreprises sont celles définies par le décret d’application de la loi de modernisation de l’économie. · Lecture : Fin mai 2026, les PME françaises et les entreprises de taille indéterminée devaient 551,8 milliards d’euros aux banques et empruntaient à un taux moyen de 3,53 %.
  1. Quel est l’encours total de crédits des trois catégories d’entreprises, en milliards d’euros ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 1174,8 milliards €

    551,8 + 386,5 + 236,5 = 1 174,8 milliards d’euros. Ce total ne recouvre que les crédits « mobilisés », c’est-à-dire les sommes effectivement utilisées, recensées entreprise par entreprise : il est donc inférieur à l’encours de crédits aux sociétés non financières mesuré par les statistiques monétaires (1 429,6 milliards en mai 2026). Deux chiffres différents peuvent mesurer la même réalité sans se contredire : encore faut-il lire le champ.

  2. Quelle part les PME et entreprises de taille indéterminée représentent-elles dans cet encours total, en % ?

    %

    Correction

    Réponse : 47,0 %

    551,8 / 1 174,8 × 100 ≈ 47,0 %. Près de la moitié du crédit bancaire aux entreprises va donc aux plus petites d’entre elles. C’est logique : elles sont très nombreuses, et surtout le crédit est pour elles la principale — souvent la seule — source de financement externe.

  3. De combien de points le taux d’intérêt payé par les entreprises de taille intermédiaire dépasse-t-il celui des grandes entreprises ?

    points

    Correction

    Réponse : 0,51 points

    3,74 − 3,23 = 0,51 point. Sur un emprunt de 10 millions d’euros, cet écart représente 51 000 € d’intérêts supplémentaires la première année. Un demi-point paraît peu ; rapporté à des montants importants et à des durées longues, il ne l’est pas.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « +7,4 ».

    Attention : ce pourcentage n’est pas une part, c’est une évolution. Précisez sur quelle période.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la Banque de France, l’encours des crédits bancaires accordés aux grandes entreprises françaises a augmenté de 7,4 % entre mai 2025 et mai 2026. »

    Deux précisions attendues :

    • il s’agit d’une variation en pourcentage, pas d’une part : les grandes entreprises ne représentent pas 7,4 % des crédits, mais 236,5 / 1 174,8 ≈ 20,1 % ;
    • appliqué à un encours de 236,5 milliards, ce taux correspond à une progression d’environ 16 milliards d’euros en un an — nettement plus, en euros, que les +2,5 % des PME appliqués à 551,8 milliards (environ 13 milliards). Le plus fort taux de croissance ne correspond pas toujours au plus fort montant, mais ici c’est le cas : il faut faire le calcul pour le savoir.
  5. Les grandes entreprises empruntent moins cher que les autres. Proposez deux explications, puis expliquez pourquoi le classement des taux n’est pas parfaitement ordonné selon la taille.

    Pensez d’abord au risque supporté par la banque et à ce qu’une grande entreprise peut faire si le crédit lui paraît trop cher. Pour la seconde partie, demandez-vous si tous ces crédits ont la même durée et le même montant.

    Correction

    Pourquoi les grandes entreprises paient 3,23 % quand les autres paient 3,53 % ou 3,74 %.

    • Le risque est plus faible. Une grande entreprise a des activités diversifiées, des comptes certifiés et publics, souvent une notation de crédit. La probabilité qu’elle ne rembourse pas est plus faible et, surtout, la banque peut l’estimer avec précision. La prime de risque incluse dans le taux est donc réduite. À l’inverse, une PME est un dossier plus incertain et plus coûteux à analyser.
    • Elle dispose d’une solution de rechange. C’est le point décisif et souvent oublié : une grande entreprise peut, si le crédit lui paraît cher, émettre elle-même des obligations sur les marchés — la même publication indique que les financements de marché des sociétés non financières coûtaient 3,61 % en mai 2026. La banque le sait et doit donc proposer des conditions compétitives. Une PME, elle, n’a pas cette porte de sortie : elle est en position de négociation beaucoup plus faible.

    Pourquoi le classement n’est pas monotone. On attendrait PME > ETI > grandes entreprises ; or les ETI (3,74 %) paient plus cher que les PME (3,53 %). Le taux moyen d’une catégorie dépend en effet de la composition de ses crédits — durée, objet, montant — et pas seulement du risque de l’emprunteur. La Banque de France publie d’ailleurs, pour le même mois, un taux de 3,78 % sur les crédits inférieurs ou égaux à un million d’euros contre 3,40 % au-delà : la taille du prêt compte, en plus de la taille de l’entreprise.

    La conclusion à retenir : un taux moyen agrège des situations hétérogènes. Il indique une tendance — plus on est grand et connu, moins on paie — mais il ne se lit pas comme un classement mécanique.

Notions : financement intermédié financement direct risque taux d’intérêt nominal besoin de financement

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Le financement de l'économie