Lecture de données — Banque ou marché : comment les entreprises se financent
Utilisez le tableau pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Le financement des sociétés non financières françaises, mai 2026
| Source de financement | Encours fin mai 2026 (milliards €) | Taux de croissance sur un an (%) | Coût des financements nouveaux (%) |
|---|---|---|---|
| Crédit bancaire | 1 429,6 | +3,9 | 3,54 |
| dont crédits d’investissement | 1 047,0 | +4,4 | – |
| dont crédits de trésorerie | 301,0 | +0,5 | – |
| dont autres crédits | 81,6 | +9,8 | – |
| Financement de marché (titres de dette) | 755,4 | +5,1 | 3,61 |
| Ensemble des financements | 2 184,9 | +4,3 | 3,56 |
-
Quelle part le crédit bancaire représente-t-il dans l’ensemble des financements des sociétés non financières, en % ?
%
Correction
Réponse : 65,4 %
1 429,6 / 2 184,9 × 100 ≈ 65,4 %. Près des deux tiers de la dette des entreprises françaises passent donc par les banques, le tiers restant (34,6 %) par les marchés. La France est pourtant l’un des pays d’Europe où le recours aux marchés est le plus développé : ailleurs, la part bancaire est encore plus forte.
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Quelle part des crédits bancaires est destinée à l’investissement, en % ?
%
Correction
Réponse : 73,2 %
1 047,0 / 1 429,6 × 100 ≈ 73,2 %. Attention au dénominateur : la question porte sur les seuls crédits bancaires (1 429,6), non sur l’ensemble des financements. Les entreprises n’empruntent donc pas d’abord pour boucler leurs fins de mois : près des trois quarts de leur dette bancaire financent des machines, des bâtiments et des locaux.
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Le financement de marché a progressé de 5,1 % sur un an. De combien de milliards d’euros a-t-il augmenté ?
milliards €
Correction
Réponse : 36,7 milliards €
Encours un an plus tôt : 755,4 / 1,051 ≈ 718,7 milliards. Augmentation : 755,4 − 718,7 ≈ 36,7 milliards d’euros. La Banque de France publie d’ailleurs un flux net de 36,7 milliards sur douze mois pour ce poste, ce qui confirme le calcul.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 3,61 ».
Il s’agit d’un prix. Précisez le prix de quoi, pour qui, à quelle date.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque de France, en mai 2026, les sociétés non financières françaises qui empruntaient sur les marchés en émettant des titres de dette le faisaient à un taux d’intérêt moyen de 3,61 % par an. »
Deux remarques attendues :
- ce taux ne porte que sur les financements nouveaux du mois, pas sur l’ensemble de l’encours : les titres émis il y a cinq ans continuent de payer le coupon fixé à l’époque ;
- comparé au coût du crédit bancaire (3,54 %), l’écart est faible — sept centièmes de point. Ce n’est donc pas le prix qui explique que les deux circuits coexistent, mais l’accès : émettre des titres suppose une taille et une notoriété que la plupart des entreprises n’ont pas.
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Le tableau distingue deux circuits de financement. Nommez-les précisément, expliquez ce qui les sépare, et dites lequel est accessible à une entreprise de vingt salariés.
Reprenez la distinction externe direct / externe intermédié, puis demandez-vous qui supporte le risque dans chaque cas.
Correction
Les deux circuits.
- Le crédit bancaire (1 429,6 milliards) est un financement externe intermédié : une banque s’interpose entre les épargnants, dont elle collecte les dépôts, et l’entreprise. C’est elle qui étudie le dossier, avance les fonds et supporte le risque de non-remboursement.
- Le financement de marché (755,4 milliards) est un financement externe direct : l’entreprise émet elle-même des titres de dette, achetés par des compagnies d’assurance, des fonds ou d’autres épargnants. Personne ne s’interpose ; ce sont les souscripteurs eux-mêmes qui perdraient leur mise en cas de défaut.
Le point commun, souvent oublié : dans les deux cas l’entreprise s’endette. Un emprunt obligataire n’est pas « moins » une dette qu’un crédit ; ce qui change, c’est l’identité du prêteur et la présence ou non d’un intermédiaire.
Ce qui est accessible à une entreprise de vingt salariés. En pratique, uniquement le crédit bancaire. Émettre des titres suppose que des prêteurs inconnus acceptent d’avancer des fonds : il faut donc des comptes publics, une réputation, une taille suffisante pour que les frais fixes de l’opération — documentation juridique, notation, placement — restent négligeables devant le montant levé. Ces frais sont dérisoires rapportés à 400 millions d’euros, prohibitifs rapportés à 300 000 €.
Conclusion : le financement de marché est le fait des grandes entreprises, le crédit bancaire celui de toutes les autres. C’est précisément le service que rend la banque : elle connaît l’entreprise, l’évalue, et prend le risque à la place d’épargnants qui n’auraient aucun moyen de le faire.
Remarque de méthode. Le champ du document précise que le « financement de marché » compté ici ne comprend que les titres de dette. Les émissions d’actions, qui sont aussi du financement externe direct mais qui n’endettent pas l’entreprise, n’apparaissent donc pas dans ce tableau : il ne dit rien de la manière dont les entreprises se procurent des fonds propres.