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Lecture de données — Banque ou marché : comment les entreprises se financent

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

Utilisez le tableau pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.

Document — Le financement des sociétés non financières françaises, mai 2026

Source de financementEncours fin mai 2026 (milliards €)Taux de croissance sur un an (%)Coût des financements nouveaux (%)
Crédit bancaire1 429,6+3,93,54
dont crédits d’investissement1 047,0+4,4
dont crédits de trésorerie301,0+0,5
dont autres crédits81,6+9,8
Financement de marché (titres de dette)755,4+5,13,61
Ensemble des financements2 184,9+4,33,56
Source : Banque de France, Stat Info « Financement des entreprises », mai 2026 (publié le 9 juillet 2026). · Champ : France ; sociétés non financières résidentes. Encours de crédits accordés par les établissements de crédit résidents et encours de titres de dette émis, en milliards d’euros, données non corrigées des variations saisonnières. Le coût est le taux d’intérêt annuel moyen des financements nouveaux du mois. Attention : le « financement de marché » recensé ici ne comprend que les titres de dette (obligations et titres courts), et non les émissions d’actions. Les montants étant arrondis au dixième, la somme des postes peut s’écarter de 0,1 milliard du total affiché. · Lecture : Fin mai 2026, les sociétés non financières françaises devaient 1 429,6 milliards d’euros aux banques et avaient émis pour 755,4 milliards d’euros de titres de dette.
  1. Quelle part le crédit bancaire représente-t-il dans l’ensemble des financements des sociétés non financières, en % ?

    %

    Correction

    Réponse : 65,4 %

    1 429,6 / 2 184,9 × 100 ≈ 65,4 %. Près des deux tiers de la dette des entreprises françaises passent donc par les banques, le tiers restant (34,6 %) par les marchés. La France est pourtant l’un des pays d’Europe où le recours aux marchés est le plus développé : ailleurs, la part bancaire est encore plus forte.

  2. Quelle part des crédits bancaires est destinée à l’investissement, en % ?

    %

    Correction

    Réponse : 73,2 %

    1 047,0 / 1 429,6 × 100 ≈ 73,2 %. Attention au dénominateur : la question porte sur les seuls crédits bancaires (1 429,6), non sur l’ensemble des financements. Les entreprises n’empruntent donc pas d’abord pour boucler leurs fins de mois : près des trois quarts de leur dette bancaire financent des machines, des bâtiments et des locaux.

  3. Le financement de marché a progressé de 5,1 % sur un an. De combien de milliards d’euros a-t-il augmenté ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 36,7 milliards €

    Encours un an plus tôt : 755,4 / 1,051 ≈ 718,7 milliards. Augmentation : 755,4 − 718,7 ≈ 36,7 milliards d’euros. La Banque de France publie d’ailleurs un flux net de 36,7 milliards sur douze mois pour ce poste, ce qui confirme le calcul.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 3,61 ».

    Il s’agit d’un prix. Précisez le prix de quoi, pour qui, à quelle date.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la Banque de France, en mai 2026, les sociétés non financières françaises qui empruntaient sur les marchés en émettant des titres de dette le faisaient à un taux d’intérêt moyen de 3,61 % par an. »

    Deux remarques attendues :

    • ce taux ne porte que sur les financements nouveaux du mois, pas sur l’ensemble de l’encours : les titres émis il y a cinq ans continuent de payer le coupon fixé à l’époque ;
    • comparé au coût du crédit bancaire (3,54 %), l’écart est faible — sept centièmes de point. Ce n’est donc pas le prix qui explique que les deux circuits coexistent, mais l’accès : émettre des titres suppose une taille et une notoriété que la plupart des entreprises n’ont pas.
  5. Le tableau distingue deux circuits de financement. Nommez-les précisément, expliquez ce qui les sépare, et dites lequel est accessible à une entreprise de vingt salariés.

    Reprenez la distinction externe direct / externe intermédié, puis demandez-vous qui supporte le risque dans chaque cas.

    Correction

    Les deux circuits.

    • Le crédit bancaire (1 429,6 milliards) est un financement externe intermédié : une banque s’interpose entre les épargnants, dont elle collecte les dépôts, et l’entreprise. C’est elle qui étudie le dossier, avance les fonds et supporte le risque de non-remboursement.
    • Le financement de marché (755,4 milliards) est un financement externe direct : l’entreprise émet elle-même des titres de dette, achetés par des compagnies d’assurance, des fonds ou d’autres épargnants. Personne ne s’interpose ; ce sont les souscripteurs eux-mêmes qui perdraient leur mise en cas de défaut.

    Le point commun, souvent oublié : dans les deux cas l’entreprise s’endette. Un emprunt obligataire n’est pas « moins » une dette qu’un crédit ; ce qui change, c’est l’identité du prêteur et la présence ou non d’un intermédiaire.

    Ce qui est accessible à une entreprise de vingt salariés. En pratique, uniquement le crédit bancaire. Émettre des titres suppose que des prêteurs inconnus acceptent d’avancer des fonds : il faut donc des comptes publics, une réputation, une taille suffisante pour que les frais fixes de l’opération — documentation juridique, notation, placement — restent négligeables devant le montant levé. Ces frais sont dérisoires rapportés à 400 millions d’euros, prohibitifs rapportés à 300 000 €.

    Conclusion : le financement de marché est le fait des grandes entreprises, le crédit bancaire celui de toutes les autres. C’est précisément le service que rend la banque : elle connaît l’entreprise, l’évalue, et prend le risque à la place d’épargnants qui n’auraient aucun moyen de le faire.

    Remarque de méthode. Le champ du document précise que le « financement de marché » compté ici ne comprend que les titres de dette. Les émissions d’actions, qui sont aussi du financement externe direct mais qui n’endettent pas l’entreprise, n’apparaissent donc pas dans ce tableau : il ne dit rien de la manière dont les entreprises se procurent des fonds propres.

Notions : financement direct financement intermédié obligation besoin de financement taux d’intérêt nominal

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