Lecture de données — Qui émet des titres en France, et lesquels ?
Utilisez le tableau pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Titres émis par les résidents français : encours et émissions nettes en 2025
| Catégorie de titres | Encours fin décembre 2025 (milliards €) | Émissions nettes en 2025 (milliards €) |
|---|---|---|
| Titres de dette des sociétés non financières | 733 | +29 |
| Titres de dette des administrations publiques | 3 039 | +139 |
| Titres de dette des banques | 1 473 | +10 |
| Titres de dette des autres institutions financières | 352 | +20 |
| Ensemble des titres de dette | 5 597 | +199 |
| Actions cotées | 2 887 | −21 |
| Total des titres émis | 8 483 | +178 |
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Quelle part les administrations publiques représentent-elles dans l’encours total des titres de dette français fin 2025, en % ?
%
Correction
Réponse : 54,3 %
3 039 / 5 597 × 100 ≈ 54,3 %. Sur le marché obligataire français, l’État et les autres administrations pèsent donc plus lourd que l’ensemble des banques, des entreprises et des institutions financières réunies. C’est la traduction, en stock, de leur besoin de financement répété année après année.
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Quelle part les administrations publiques représentent-elles dans les émissions nettes de titres de dette de l’année 2025, en % ?
%
Correction
Réponse : 69,8 %
139 / 199 × 100 ≈ 69,8 %. Sept euros sur dix de dette nouvelle levée sur les marchés français en 2025 l’ont été par des administrations publiques. Leur poids dans les flux de l’année (69,8 %) est donc supérieur à leur poids dans le stock accumulé (54,3 %) : la dette publique progresse plus vite que celle des autres émetteurs.
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Quelle part les actions cotées représentent-elles dans l’encours total des titres émis par les résidents français fin 2025, en % ?
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Correction
Réponse : 34,0 %
2 887 / 8 483 × 100 ≈ 34,0 %. Environ un tiers de la valeur des titres français est constitué de titres de propriété, deux tiers de titres de créance. Attention à la comparabilité : les actions sont valorisées au cours de bourse et la dette à sa valeur nominale, si bien que la part des actions monte et descend avec les marchés sans qu’aucune émission ait eu lieu.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « −21 », puis expliquez comment une émission nette peut être négative.
Une émission nette compare ce qui est créé et ce qui disparaît au cours de l’année.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque de France, en 2025, les émissions nettes d’actions cotées des résidents français se sont élevées à −21 milliards d’euros. »
Comment un tel chiffre est-il possible ? Une émission nette retranche des titres nouvellement créés ceux qui ont disparu du marché au cours de la même période. Pour les actions, cela recouvre les rachats d’actions par les sociétés elles-mêmes, suivis de leur annulation, et les retraits de cote. Un solde négatif signifie donc qu’en 2025 les sociétés françaises cotées ont retiré du marché plus d’actions qu’elles n’en ont créé.
Ce qu’il faut en conclure — et ne pas en conclure.
- Ce n’est pas un signe de faiblesse : une entreprise qui rachète ses propres actions le fait parce qu’elle dispose de liquidités et estime ne pas avoir de meilleur emploi à leur donner. Elle restitue des fonds à ses actionnaires.
- En revanche, cela signifie que la Bourse n’a, cette année-là, pas apporté de fonds propres nets aux entreprises françaises : leurs financements nouveaux sont venus des marchés de dette (+199 milliards) et du crédit bancaire.
- Attention enfin à ne pas confondre ce flux de −21 milliards avec l’encours de 2 887 milliards : le second mesure ce que valent les actions existantes, le premier ce qui a été créé ou détruit dans l’année.
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En vous appuyant sur le tableau, montrez que le financement direct concerne des emprunteurs très différents et dites ce que ce document apprend, et n’apprend pas, sur le financement des entreprises françaises.
Repérez les quatre catégories d’émetteurs de dette, comparez leurs encours, puis demandez-vous ce qui manque au tableau.
Correction
Des emprunteurs très différents. Le tableau montre que le financement direct — celui qui passe par l’émission de titres achetés par des épargnants — n’est pas réservé aux entreprises :
- les administrations publiques en sont le premier utilisateur (3 039 milliards d’encours) : l’État vend des titres à dix, vingt ou trente ans lors d’adjudications pour couvrir son besoin de financement ;
- les banques viennent ensuite (1 473 milliards). C’est un point souvent mal compris : les banques ne se financent pas seulement par les dépôts, elles empruntent elles aussi sur les marchés ;
- les sociétés non financières n’arrivent qu’en troisième position (733 milliards), suivies des autres institutions financières (352 milliards).
Ce que le document apprend. Que les entreprises françaises se financent bien sur les marchés — elles y ont levé 29 milliards nets en 2025 — mais qu’elles y pèsent peu au regard de l’État. Et qu’en 2025 les fonds propres levés en Bourse ont été négatifs (−21 milliards).
Ce que le document n’apprend pas.
- Il ne dit rien du crédit bancaire, qui représente pourtant l’essentiel du financement externe des entreprises : d’après le Stat Info « Financement des entreprises », l’encours de crédits bancaires aux sociétés non financières atteint 1 429,6 milliards d’euros en mai 2026, soit près du double de leur encours de titres de dette.
- Il ne dit rien non plus de l’autofinancement, c’est-à-dire des bénéfices conservés dans l’entreprise, qui ne donnent lieu à aucune émission et n’apparaissent donc dans aucune de ces statistiques.
Conclusion de méthode : un tableau sur les émissions de titres n’éclaire qu’un des trois canaux du financement. Le lire comme une image complète du financement des entreprises conduirait à surestimer massivement le rôle des marchés.