Lecture de données — L’endettement des ménages, des entreprises et de l’État en Europe
Utilisez le tableau pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Taux d’endettement par secteur dans quatre pays de la zone euro, fin 2025
| Pays | Ménages (% du PIB) | Sociétés non financières (% du PIB) | Administrations publiques (% du PIB) |
|---|---|---|---|
| France | 59,1 | 75,5 | 115,6 |
| Allemagne | 49,0 | 45,6 | 63,5 |
| Italie | 35,9 | 52,7 | 137,1 |
| Espagne | 42,8 | 50,7 | 100,7 |
| Zone euro | 50,5 | 53,3 | 87,9 |
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En France, quel est le total des trois taux d’endettement du tableau, en % du PIB ?
% du PIB
Correction
Réponse : 250,2 % du PIB
59,1 + 75,5 + 115,6 = 250,2 % du PIB. La dette totale des agents non financiers français représente donc deux fois et demie une année de production nationale. Ce résultat n’a rien d’absurde : une dette est un stock accumulé sur des décennies, alors que le PIB est un flux annuel. Rapporter l’un à l’autre sert à comparer des pays de taille différente, pas à dire qu’il faudrait deux ans et demi de production pour tout rembourser en une fois.
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De combien de points le taux d’endettement des sociétés non financières françaises dépasse-t-il la moyenne de la zone euro ?
points de PIB
Correction
Réponse : 22,2 points de PIB
75,5 − 53,3 = 22,2 points de PIB. Les entreprises françaises sont donc nettement plus endettées que leurs voisines. Une partie de l’explication tient au fait qu’elles recourent davantage au marché obligataire, dont les encours sont comptabilisés dans cette dette, et qu’elles détiennent en contrepartie beaucoup de trésorerie : la même publication indique que leur dette nette de trésorerie ne représente que 40,6 % du PIB.
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Quel écart sépare la dette publique italienne de la dette publique allemande, en points de PIB ?
points de PIB
Correction
Réponse : 73,6 points de PIB
137,1 − 63,5 = 73,6 points de PIB. L’écart entre deux pays membres d’une même union monétaire est donc considérable — plus des deux tiers d’une année de PIB. C’est l’une des raisons pour lesquelles ces deux États n’empruntent pas au même taux d’intérêt : les prêteurs exigent une prime de risque différente.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 35,9 ».
Attention : le pourcentage ne porte pas sur un effectif mais sur un rapport entre deux grandeurs économiques.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque de France, fin 2025, la dette des ménages italiens représentait 35,9 % du produit intérieur brut de l’Italie. »
Les erreurs à éviter :
- écrire « 35,9 % des ménages italiens sont endettés » : le tableau ne dit rien du nombre de ménages endettés, seulement du montant de leur dette ;
- oublier le dénominateur. Le taux d’endettement n’a de sens que rapporté à quelque chose : ici le PIB du pays. La même publication propose aussi un rapport au revenu disponible brut des ménages, qui donne des niveaux très différents (90,0 % pour la France, 55,8 % pour l’Italie) ;
- oublier qu’il s’agit d’un stock à une date donnée, et non d’une somme empruntée en 2025.
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Un pays dont les agents sont très endettés est-il nécessairement un pays en difficulté ? Répondez en vous appuyant sur le tableau et sur ce que vous savez du circuit du financement.
Comparez l’Italie et la France ligne par ligne, puis demandez-vous à qui appartiennent les créances correspondant à ces dettes.
Correction
Non, et le tableau le montre bien.
1. L’endettement mesure d’abord un recours au financement externe, pas une fragilité. Un ménage qui emprunte 200 000 € pour acheter un logement n’est pas appauvri : il a acquis un bien en face de sa dette. Une entreprise qui s’endette pour financer une machine se développe. C’est la comparaison entre la dette et ce qu’elle a permis d’acquérir, ainsi que la capacité à honorer les échéances, qui décide de la fragilité — pas le niveau de la dette pris isolément.
2. Les profils nationaux ne se superposent pas. L’Italie a le taux d’endettement des ménages le plus faible du tableau (35,9 %) et de loin la dette publique la plus élevée (137,1 %). La France présente le profil inverse pour les ménages (59,1 %) avec une dette publique élevée mais moindre (115,6 %). L’Allemagne est en dessous de la moyenne de la zone euro pour les trois secteurs. Additionner les trois lignes serait le seul moyen de comparer les pays sur l’ensemble : 250,2 % pour la France, 158,1 % pour l’Allemagne, 225,7 % pour l’Italie, 194,2 % pour l’Espagne, 191,7 % pour la zone euro.
3. Toute dette est la créance de quelqu’un d’autre. C’est le point décisif du chapitre. Les 115,6 % de dette publique française sont détenus par des banques, des assureurs, des fonds et des épargnants — français et étrangers — qui ont accepté de prêter. Un besoin de financement a nécessairement pour contrepartie la capacité de financement d’un autre agent, ici ou à l’étranger. À l’échelle mondiale, la somme des dettes et celle des créances sont égales.
4. Ce qui, en revanche, doit alerter. Un endettement élevé rend l’agent sensible aux taux d’intérêt : si les taux montent, le coût du refinancement augmente. Et il dépend de la confiance des prêteurs, qui peuvent exiger une prime de risque plus forte. La question n’est donc pas « la dette est-elle grande ? » mais « qui prête, à quel taux, et pour financer quoi ? ».