Rédaction — Emprunter ou émettre des actions ?
Rédigez un paragraphe d’une quinzaine de lignes en suivant la méthode AEI : Affirmation, Explication, Illustration.
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Rédigez un paragraphe montrant que le recours à l’emprunt et l’émission d’actions n’engagent pas une entreprise de la même manière.
Affirmation : annoncez votre idée en une phrase, en distinguant les deux titres. Explication : comparez-les sur trois points précis — le revenu à verser, l’obligation ou non de rembourser, et le partage du pouvoir. Illustration : appuyez-vous sur un exemple chiffré, par exemple le groupe Vitralis étudié en classe.
Correction
Exemple de paragraphe attendu
Affirmation. Emprunter et émettre des actions sont deux façons de se financer à l’extérieur, mais elles n’engagent pas une entreprise de la même manière : l’emprunt crée une dette à honorer quoi qu’il arrive, tandis que l’émission d’actions ne coûte rien en cas de difficulté mais se paie par un partage du pouvoir et des bénéfices.
Explication. Trois différences doivent être établies. D’abord le revenu à verser : l’emprunt, qu’il prenne la forme d’un crédit bancaire ou d’une émission d’obligations, oblige à payer des intérêts fixés à l’avance, même lors d’un exercice déficitaire ; le dividende, lui, n’est dû que s’il y a des bénéfices et si l’assemblée générale décide de les distribuer. Ensuite le remboursement : une dette doit être remboursée à l’échéance prévue, ce qui pèse sur la trésorerie et limite la capacité d’emprunt future, alors que les sommes apportées par les actionnaires deviennent du capital et ne sont jamais restituées par l’entreprise — l’actionnaire qui veut récupérer sa mise doit revendre son titre à un autre épargnant. Enfin le pouvoir : le prêteur est un créancier, il ne décide de rien ; l’actionnaire est un copropriétaire qui vote en assemblée générale, si bien que toute émission d’actions nouvelles dilue le contrôle des propriétaires existants. Le risque se répartit donc en sens inverse des droits : l’emprunt le laisse entièrement à l’entreprise, l’action le fait partager par les apporteurs de fonds, qui exigent en retour une rémunération espérée plus élevée.
Illustration. Le groupe Vitralis finance une usine de 600 millions d’euros en combinant les deux : 400 millions d’obligations à dix ans, qui l’obligent à verser 12,8 millions de coupons chaque année puis à rembourser le capital, et 200 millions d’actions nouvelles, qui n’imposent aucune échéance mais font entrer de nouveaux copropriétaires au capital. Ce dosage illustre bien l’arbitrage : l’emprunt préserve le contrôle mais fait peser sur l’entreprise la totalité du risque, l’émission d’actions allège cette contrainte au prix d’un partage.
Variante acceptée : un paragraphe construit à partir d’une PME contrainte au crédit bancaire faute d’accès aux marchés, dès lors que la structure AEI est respectée et que les deux logiques — dette et capital — sont clairement opposées.
Critères de réussite
- L’affirmation répond directement à la consigne et oppose explicitement dette et capital.
- L’action et l’obligation sont définies avec précision : titre de propriété et titre de créance.
- Au moins trois différences sont expliquées, et non seulement énumérées : revenu versé, remboursement, droit de vote.
- Le lien entre risque supporté et rémunération attendue est établi.
- L’illustration est chiffrée et rattachée explicitement à l’explication.