Chaînes de causalité — La relation d'agence et ses effets
Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d'ordre.
Mécanisme 1 — Pourquoi les actionnaires doivent contrôler le dirigeant
- Le dirigeant connaît la marche réelle de l'entreprise et son propre effort bien mieux que les actionnaires : une asymétrie d'information apparaît
- Il peut alors poursuivre ses objectifs propres — taille de l'entreprise, prestige, rémunération, sécurité de son poste — plutôt que la rentabilité attendue
- Ils mettent en place des dispositifs coûteux de contrôle et d'incitation : conseil d'administration, certification des comptes, rémunération indexée sur les résultats
- Les actionnaires apportent le capital mais ne gèrent pas l'entreprise au quotidien : ils en confient la direction à un dirigeant
- La rentabilité du capital investi est plus faible que ce qu'elle pourrait être : les actionnaires supportent le coût de cette divergence
Correction
Ordre attendu :
- Les actionnaires apportent le capital mais ne gèrent pas l'entreprise au quotidien : ils en confient la direction à un dirigeant
- Le dirigeant connaît la marche réelle de l'entreprise et son propre effort bien mieux que les actionnaires : une asymétrie d'information apparaît
- Il peut alors poursuivre ses objectifs propres — taille de l'entreprise, prestige, rémunération, sécurité de son poste — plutôt que la rentabilité attendue
- La rentabilité du capital investi est plus faible que ce qu'elle pourrait être : les actionnaires supportent le coût de cette divergence
- Ils mettent en place des dispositifs coûteux de contrôle et d'incitation : conseil d'administration, certification des comptes, rémunération indexée sur les résultats
Le point de départ du raisonnement est la dissociation entre propriété et direction, caractéristique des sociétés de capitaux. Il n'y a ici ni malhonnêteté ni faute : le mécanisme découle de la seule combinaison d'une délégation et d'une asymétrie d'information. Le contrôle a d'ailleurs un coût, qu'on appelle coût d'agence : il n'est jamais rentable de le pousser jusqu'à supprimer tout risque.
Mécanisme 2 — Quand l'exigence de rentabilité se répercute sur les salariés
- La rémunération du dirigeant est indexée sur les résultats financiers de l'entreprise
- Les conditions de travail et l'emploi des salariés se dégradent
- Des dispositifs de régulation interviennent : négociation collective, représentation du personnel, engagements de responsabilité sociale
- Le dirigeant cherche à réduire rapidement les coûts : gel des salaires, externalisation d'activités, recours accru à la sous-traitance
- Les actionnaires exigent une rentabilité élevée du capital qu'ils ont investi
- Un conflit d'intérêts éclate au sein de l'entreprise autour du partage de la valeur ajoutée
Correction
Ordre attendu :
- Les actionnaires exigent une rentabilité élevée du capital qu'ils ont investi
- La rémunération du dirigeant est indexée sur les résultats financiers de l'entreprise
- Le dirigeant cherche à réduire rapidement les coûts : gel des salaires, externalisation d'activités, recours accru à la sous-traitance
- Les conditions de travail et l'emploi des salariés se dégradent
- Un conflit d'intérêts éclate au sein de l'entreprise autour du partage de la valeur ajoutée
- Des dispositifs de régulation interviennent : négociation collective, représentation du personnel, engagements de responsabilité sociale
Cette chaîne montre que le dispositif censé résoudre un conflit — aligner le dirigeant sur les actionnaires — peut en déplacer un autre vers les salariés. Elle rappelle aussi que le conflit ne supprime pas la coopération : toutes les parties prenantes ont intérêt à la survie de l'entreprise, ce qui rend la négociation possible.