Lecture de données — Les créances douteuses des banques après 2008
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Document — Part des créances douteuses dans le total des crédits bancaires, de 2008 à 2015 (en %)
| Pays | 2008 | 2010 | 2012 | 2014 | 2015 |
|---|---|---|---|---|---|
| Grèce | 2,47 | 5,62 | 15,72 | 29,99 | 35,71 |
| Irlande | 1,92 | 12,47 | 21,31 | 20,65 | 16,91 |
| Espagne | nd | nd | 5,71 | 6,38 | 5,09 |
| France | 3,24 | 4,33 | 4,29 | 3,73 | 3,52 |
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En 2015, quel est l'écart entre la Grèce et la France, en points de pourcentage ?
points de %
Correction
Réponse : 32,19 points de %
35,71 − 3,52 = 32,19 points. Deux systèmes bancaires soumis aux mêmes règles européennes présentent des situations sans commune mesure : la crise ne frappe pas les pays de manière uniforme, elle frappe les systèmes bancaires les plus exposés au retournement du crédit intérieur.
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Par combien la part des créances douteuses a-t-elle été multipliée en Grèce entre 2008 et 2015 ?
fois
Correction
Réponse : 14,46 fois
35,71 / 2,47 = 14,46. Le coefficient multiplicateur est ici plus parlant que l'écart en points : il montre qu'une banque qui perdait environ 2 crédits sur 100 en perd plus de 35 sur 100 sept ans plus tard. C'est ce que signifie concrètement l'expression « pertes bancaires ».
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De combien de points la part des créances douteuses a-t-elle augmenté en Irlande entre 2008 et 2012 ?
points de %
Correction
Réponse : 19,39 points de %
21,31 − 1,92 = +19,39 points. L'Irlande se dégrade beaucoup plus tôt que la Grèce (12,47 % dès 2010) parce que sa crise vient de l'immobilier et du crédit privé, et non des finances publiques : deux origines différentes, un même résultat sur les bilans bancaires.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 12,47 » figurant dans le tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source, le champ et l'année, l'unité et la grandeur mesurée. Attention : cette colonne ne compte pas des emprunteurs, elle mesure une part des crédits.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque mondiale, en 2010, 12,47 % de l'ensemble des crédits accordés par les banques irlandaises étaient des créances douteuses, c'est-à-dire des crédits dont les échéances n'étaient plus honorées depuis au moins quatre-vingt-dix jours. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 12,47 % des Irlandais » : la population de référence est celle des crédits, pas celle des habitants ;
- écrire « 12,47 créances douteuses », alors que l'unité est le pourcentage ;
- omettre l'année, alors que la démonstration repose entièrement sur la comparaison entre les dates.
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Expliquez pourquoi la montée des créances douteuses est un moment décisif dans le passage d'une crise financière au risque systémique.
Demandez-vous ce qu'une créance douteuse coûte à la banque, puis ce que la banque doit faire pour continuer à respecter ses ratios prudentiels.
Correction
Réponse attendue : une créance douteuse est un crédit que la banque a inscrit à son actif et dont elle n'est plus sûre d'être remboursée. Elle doit alors passer une provision, c'est-à-dire enregistrer une perte, qui vient réduire ses fonds propres.
Premier enchaînement : de l'emprunteur à la banque. Le tableau montre l'ampleur possible du phénomène : en Grèce, la part des créances douteuses est multipliée par 14,46 entre 2008 et 2015, passant de 2,47 % à 35,71 % ; en Irlande, elle atteint 21,31 % en 2012 contre 1,92 % en 2008. Ce ne sont plus des accidents individuels mais une dégradation de tout le portefeuille de crédits.
Deuxième enchaînement : de la banque au système. Comme la réglementation prudentielle impose un montant minimal de fonds propres rapporté aux risques portés, une banque qui perd des fonds propres a deux solutions : en trouver de nouveaux, ce qui est très difficile en pleine crise, ou réduire son bilan en accordant moins de crédits et en vendant des actifs. Ces ventes font baisser le prix des actifs détenus par les autres banques, qui subissent à leur tour des pertes. Le crédit se contracte, ce qui affaiblit les entreprises et les ménages, donc augmente encore les créances douteuses : la boucle est cumulative.
Le point décisif. Si les déposants doutent alors de la solidité de leur établissement, la panique bancaire devient possible et la défaillance d'une banque se transmet à celles qui lui ont prêté. C'est ce basculement, du risque de crédit individuel au risque systémique, que la régulation prudentielle cherche à empêcher — le contraste avec la France, stable autour de 3,5 à 4,3 % sur toute la période, montre qu'il n'a rien d'automatique.