Lecture de données — Les ratios prudentiels des banques de la zone euro
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Document — Solidité des grandes banques de la zone euro, du 4ᵉ trimestre 2024 au 4ᵉ trimestre 2025
| Indicateur (en %) | 4ᵉ trim. 2024 | 3ᵉ trim. 2025 | 4ᵉ trim. 2025 |
|---|---|---|---|
| Ratio de fonds propres de base (CET1) | 15,97 | 16,10 | 16,18 |
| Taux de créances douteuses sur les prêts aux ménages | 2,23 | 2,16 | 2,11 |
| Taux de créances douteuses sur les prêts aux sociétés non financières | 3,53 | 3,51 | 3,45 |
| Ratio de liquidité à court terme (LCR) | 158,28 | 156,71 | 158,60 |
| Rentabilité des fonds propres, annualisée | 9,54 | 9,88 | 9,53 |
| Rapport entre les crédits accordés et les dépôts collectés | 100,32 | 101,50 | 100,49 |
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De combien de points le ratio de fonds propres de base a-t-il varié entre le 4ᵉ trimestre 2024 et le 4ᵉ trimestre 2025 ?
points de %
Correction
Réponse : 0,21 points de %
16,18 − 15,97 = +0,21 point. La progression est lente, et c'est normal : les fonds propres viennent des bénéfices mis en réserve ou d'augmentations de capital. Reconstituer un coussin prudentiel prend des années, ce qui explique pourquoi la régulation agit en prévention et non au moment de la crise.
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Au 4ᵉ trimestre 2025, quel est l'écart entre le taux de créances douteuses sur les prêts aux sociétés non financières et celui sur les prêts aux ménages, en points de pourcentage ?
points de %
Correction
Réponse : 1,34 points de %
3,45 − 2,11 = 1,34 point. Les crédits aux entreprises sont plus risqués que les crédits aux ménages, largement adossés à un bien immobilier. C'est précisément ce que traduit la notion d'« actifs pondérés par les risques » : un même euro prêté n'exige pas le même montant de fonds propres selon l'emprunteur.
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Quel est le taux de variation du taux de créances douteuses sur les prêts aux ménages entre le 4ᵉ trimestre 2024 et le 4ᵉ trimestre 2025, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : -5,4 %
(2,11 − 2,23) / 2,23 × 100 = −5,4 %. Le taux recule de 0,12 point, ce qui représente une baisse relative de 5,4 %. L'écart entre les deux formulations est ici spectaculaire : sur des grandeurs déjà exprimées en pourcentage, ne jamais annoncer « une baisse de 0,12 % ».
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 158,60 » figurant dans le tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source, le champ et la période, l'unité et la grandeur mesurée. Demandez-vous ce que signifie un ratio supérieur à 100 %.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque centrale européenne, au quatrième trimestre 2025, les établissements bancaires importants de la zone euro détenaient en moyenne des actifs liquides représentant 158,60 % des sorties de trésorerie qu'ils pourraient subir en trente jours de crise. »
Ce qu'il faut avoir compris :
- un ratio supérieur à 100 % signifie que la réserve d'actifs liquides couvre plus que le besoin réglementaire, le minimum exigé étant de 100 % ;
- ce ratio ne dit rien de la solvabilité de la banque, seulement de sa capacité à faire face à des retraits immédiats : c'est l'instrument qui répond au risque de panique bancaire, là où le ratio CET1 répond au risque de pertes ;
- écrire « 158,60 % de liquidités » ne veut rien dire : il faut nommer les deux termes du rapport.
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Distinguez, à l'aide du tableau, les deux grands risques que la régulation prudentielle cherche à couvrir. Quelles limites ce type d'indicateurs présente-t-il ?
Classez les lignes du tableau en deux familles : celles qui parlent de pertes possibles, celles qui parlent de la capacité à payer immédiatement. Interrogez-vous ensuite sur ce qu'une moyenne européenne peut cacher.
Correction
Réponse attendue : le tableau met en regard deux familles d'indicateurs.
Le risque d'insolvabilité. Le ratio CET1 (16,18 % au 4ᵉ trimestre 2025) rapporte les fonds propres de meilleure qualité aux actifs pondérés par les risques : il mesure la capacité de la banque à absorber des pertes sans faire faillite. Les taux de créances douteuses — 2,11 % sur les prêts aux ménages, 3,45 % sur ceux aux sociétés non financières — indiquent d'où ces pertes pourraient venir. Les deux se lisent ensemble : un coussin de fonds propres n'a de sens que rapporté aux pertes probables.
Le risque d'illiquidité. Le ratio de liquidité à court terme (158,60 %) et le rapport crédits/dépôts (100,49 %) mesurent tout autre chose : la capacité à honorer des retraits immédiats. Une banque parfaitement solvable peut faire faillite si elle ne peut pas vendre assez vite ses actifs — c'est le mécanisme de la panique bancaire, et c'est pourquoi les deux familles de ratios coexistent.
Les limites. Trois au moins méritent d'être signalées. D'abord, ce sont des moyennes de la zone euro : la BCE précise que le ratio CET1 va de 13,29 % en Espagne à 22,05 % en Lettonie, et une moyenne rassurante peut masquer un établissement fragile — or c'est la défaillance d'un seul acteur qui déclenche la contagion. Ensuite, la pondération des actifs par les risques repose sur des modèles, souvent internes aux banques, qui peuvent sous-estimer un risque tant qu'il ne s'est jamais réalisé. Enfin, ces indicateurs sont microprudentiels : ils évaluent chaque établissement isolément, alors que le risque systémique naît de l'interdépendance des bilans et de la simultanéité des comportements. C'est cette lacune que la régulation macroprudentielle, apparue après 2008, cherche à combler.