Lecture de données — La déformation de la structure de l’emploi
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — La catégorie socioprofessionnelle des personnes en emploi en France, de 1982 à 2024
| Catégorie socioprofessionnelle | 1982 (%) | 2000 (%) | 2024 (%) |
|---|---|---|---|
| Agriculteurs | 7,5 | 3,0 | 1,3 |
| Artisans, commerçants et chefs d’entreprise | 7,7 | 6,0 | 6,8 |
| Cadres | 8,0 | 13,7 | 23,0 |
| Professions intermédiaires | 18,8 | 21,5 | 25,2 |
| Employés | 26,4 | 29,7 | 24,8 |
| Ouvriers | 29,9 | 25,3 | 18,0 |
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Quelle est la part des ouvriers dans l’emploi total en 2024, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 18 %
Lecture directe du tableau, à l’intersection de la ligne « Ouvriers » et de la colonne 2024 : 18,0 %. Attention : il s’agit d’une part dans un total, pas d’un effectif.
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De combien de points de pourcentage la part des cadres a-t-elle augmenté entre 1982 et 2024 ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 15 points de pourcentage
23,0 − 8,0 = 15 points de pourcentage. Quand on compare deux pourcentages, on soustrait : l’écart s’exprime en points. Dire « +15 % » serait une faute, car la part des cadres a en réalité été multipliée par près de trois (23,0 / 8,0 ≈ 2,9), soit une hausse de près de 190 %.
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De combien de points de pourcentage la part des ouvriers a-t-elle diminué entre 1982 et 2024 ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 11.9 points de pourcentage
29,9 − 18,0 = 11,9 points de pourcentage en moins. Les ouvriers, catégorie la plus nombreuse en 1982, passent derrière les cadres, les professions intermédiaires et les employés en 2024.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 24,8 » du tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source et le champ, la date, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Emploi 2024, séries longues sur le marché du travail), en France, en 2024, les employés représentaient 24,8 % des personnes en emploi vivant dans un logement ordinaire. »
Les erreurs fréquentes :
- écrire « 24,8 employés » ou « 24,8 % des Français » alors qu’il s’agit d’une part parmi les personnes en emploi ;
- oublier la date, alors que le tableau compare trois années ;
- confondre une part (24,8 % de l’emploi total en 2024) et une évolution (−1,6 point par rapport à 1982).
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Ces données suffisent-elles à établir une polarisation de l’emploi ? Répondez en une dizaine de lignes en citant des chiffres.
Décrivez d’abord ce que le tableau montre effectivement, puis demandez-vous si la nomenclature utilisée permet de repérer le creusement du milieu de l’échelle des qualifications.
Correction
Réponse attendue : le tableau établit une nette déformation de la structure de l’emploi, mais il ne suffit pas à prouver une polarisation.
Ce que le document montre. L’emploi s’est massivement qualifié : la part des cadres passe de 8,0 % en 1982 à 13,7 % en 2000 puis 23,0 % en 2024, soit 15 points de pourcentage de plus en quarante-deux ans, et celle des professions intermédiaires de 18,8 % à 25,2 % (+6,4 points). À l’inverse, les catégories liées à la production reculent fortement : les ouvriers perdent 11,9 points (29,9 % à 18,0 %) et les agriculteurs 6,2 points (7,5 % à 1,3 %). Les employés suivent une trajectoire en cloche : 26,4 % en 1982, 29,7 % en 2000, puis 24,8 % en 2024 — leur recul est donc récent et coïncide avec la diffusion de l’informatique dans les tâches administratives.
Pourquoi cela ne suffit pas. La polarisation désigne la croissance simultanée des deux extrémités de l’échelle des qualifications et le recul du milieu. Or la nomenclature en six groupes socioprofessionnels est trop agrégée pour la repérer : le groupe « employés » réunit des employés administratifs, riches en tâches routinières et exposés à l’automatisation, et des employés de services aux particuliers (aide à domicile, restauration, nettoyage) que leur caractère relationnel et manuel protège. Ces deux composantes évoluent en sens opposé, mais le tableau les additionne. Ici, ce sont surtout les emplois du bas de l’échelle qui reculent, ce qui ressemble davantage à une élévation générale des qualifications qu’à une polarisation. Pour trancher, il faudrait une nomenclature plus fine — par profession détaillée ou par niveau de salaire.
Deux autres limites. Le tableau donne des parts et non des effectifs : une part qui recule n’implique pas une baisse du nombre d’emplois concernés si l’emploi total augmente. Et les personnes dont la catégorie n’est pas renseignée n’y figurent pas, si bien que les colonnes totalisent un peu moins de 100 %.