Lecture de données — Pourquoi travaille-t-on à temps partiel ?
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Raisons principales du temps partiel déclarées par les salariés en France en 2024
| Raison principale du temps partiel | Femmes (%) | Hommes (%) | Ensemble (%) |
|---|---|---|---|
| N’a pas trouvé d’emploi à temps complet | 22,0 | 25,1 | 22,7 |
| Exerce une activité complémentaire ou souhaite un revenu d’appoint | 10,0 | 17,7 | 11,7 |
| Pour s’occuper de ses enfants ou d’un proche | 29,5 | 8,3 | 24,8 |
| Pour raison de santé ou de handicap | 11,8 | 14,0 | 12,3 |
| Pour suivre des études ou une formation | 5,3 | 10,7 | 6,5 |
| Pour avoir du temps libre | 16,8 | 16,3 | 16,7 |
| Pour une autre raison | 4,6 | 7,8 | 5,3 |
| Ensemble | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
-
Quelle part des femmes salariées à temps partiel déclare l’être principalement pour s’occuper de ses enfants ou d’un proche, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 29.5 %
Lecture directe du tableau : 29,5 %. C’est la raison la plus fréquemment invoquée par les femmes, devant le temps partiel subi (22,0 %).
-
De combien de points de pourcentage les femmes invoquent-elles plus souvent que les hommes la garde d’enfants ou d’un proche ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 21.2 points de pourcentage
29,5 − 8,3 = 21,2 points de pourcentage. C’est l’écart le plus important du tableau : il montre que le temps partiel féminin est d’abord lié à la répartition inégale du travail domestique et parental.
-
Quelle part de l’ensemble des salariés à temps partiel subit ce temps partiel, c’est-à-dire n’a pas trouvé d’emploi à temps complet ? Donnez le résultat en pourcentage.
%
Correction
Réponse : 22.7 %
Lecture de la colonne « Ensemble », première ligne : 22,7 %, soit un peu plus d’un salarié à temps partiel sur cinq. C’est ce que l’on appelle le temps partiel subi, une composante du sous-emploi.
-
Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 25,1 » du tableau.
Précisez la source, la date, le champ (quelle population exactement ?), l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Emploi 2024), en France hors Mayotte, en 2024, 25,1 % des hommes salariés à temps partiel, hors apprentis, déclaraient travailler à temps partiel principalement parce qu’ils n’avaient pas trouvé d’emploi à temps complet. »
L’erreur la plus fréquente consiste à écrire « 25,1 % des hommes salariés » : le pourcentage porte uniquement sur les hommes déjà à temps partiel, qui ne représentent eux-mêmes que 7,9 % des hommes salariés. Confondre les deux revient à multiplier la réalité par plus de dix.
-
« Le temps partiel des femmes est un choix. » Discutez cette affirmation à partir du document, en une dizaine de lignes.
Interrogez la notion de choix : une raison déclarée est-elle toujours une préférence libre ? Pensez aussi à ce que le tableau ne dit pas : le taux de recours au temps partiel selon le sexe, l’offre de modes de garde, le niveau de salaire des postes concernés.
Correction
Réponse attendue : l’affirmation est partiellement juste sur la forme, largement contestable sur le fond.
Ce qui semble lui donner raison. Une minorité seulement des femmes à temps partiel déclarent subir leur situation : 22,0 % disent ne pas avoir trouvé d’emploi à temps complet, soit une part plus faible que chez les hommes (25,1 %). Les autres motifs relèvent en apparence de préférences personnelles : s’occuper d’un proche (29,5 %), disposer de temps libre (16,8 %), raisons de santé (11,8 %).
Ce qui la fragilise. D’abord, une raison déclarée n’est pas une préférence libre. Le motif familial, invoqué par 29,5 % des femmes contre 8,3 % des hommes — 21,2 points d’écart —, traduit une assignation sociale : ce sont massivement les femmes qui réduisent leur activité lorsque des enfants arrivent, ce qui suppose une norme et, souvent, l’absence de solution de garde. Le « choix » est ici contraint par des normes de genre et par l’offre de services collectifs, non par une préférence individuelle spontanée.
Ensuite, le tableau porte uniquement sur les salariés déjà à temps partiel : il ne dit rien du fait que 26,7 % des femmes salariées sont à temps partiel contre 7,9 % des hommes, ni que les femmes forment 77,5 % des salariés à temps partiel. C’est cette exposition très inégale, plus que les motifs déclarés, qui pose problème.
Conséquences. Quel qu’en soit le motif, le temps partiel réduit le salaire, les droits à la retraite et les perspectives de carrière. Un temps partiel « choisi » aujourd’hui produit des inégalités de revenu durables : c’est pourquoi la distinction entre subi et choisi, utile pour décrire, ne suffit pas pour évaluer.