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Lecture de données — Pourquoi travaille-t-on à temps partiel ?

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Raisons principales du temps partiel déclarées par les salariés en France en 2024

Raison principale du temps partielFemmes (%)Hommes (%)Ensemble (%)
N’a pas trouvé d’emploi à temps complet22,025,122,7
Exerce une activité complémentaire ou souhaite un revenu d’appoint10,017,711,7
Pour s’occuper de ses enfants ou d’un proche29,58,324,8
Pour raison de santé ou de handicap11,814,012,3
Pour suivre des études ou une formation5,310,76,5
Pour avoir du temps libre16,816,316,7
Pour une autre raison4,67,85,3
Ensemble100,0100,0100,0
Source : Insee, enquête Emploi 2024, fiche « Temps partiel », Emploi, chômage, revenus du travail, coll. Insee Références, édition 2025, figure 4. · Champ : France hors Mayotte, personnes vivant dans un logement ordinaire, âgées de 15 ans ou plus, occupant un emploi salarié à temps partiel, hors apprentis. Pour rappel, la même source indique qu’en 2024, 17,4 % des salariés (hors apprentis) travaillaient à temps partiel et que 77,5 % d’entre eux étaient des femmes. · Lecture : En 2024, 22,0 % des femmes salariées à temps partiel déclaraient l’être principalement parce qu’elles n’avaient pas trouvé d’emploi à temps complet.
  1. Quelle part des femmes salariées à temps partiel déclare l’être principalement pour s’occuper de ses enfants ou d’un proche, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 29.5 %

    Lecture directe du tableau : 29,5 %. C’est la raison la plus fréquemment invoquée par les femmes, devant le temps partiel subi (22,0 %).

  2. De combien de points de pourcentage les femmes invoquent-elles plus souvent que les hommes la garde d’enfants ou d’un proche ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : 21.2 points de pourcentage

    29,5 − 8,3 = 21,2 points de pourcentage. C’est l’écart le plus important du tableau : il montre que le temps partiel féminin est d’abord lié à la répartition inégale du travail domestique et parental.

  3. Quelle part de l’ensemble des salariés à temps partiel subit ce temps partiel, c’est-à-dire n’a pas trouvé d’emploi à temps complet ? Donnez le résultat en pourcentage.

    %

    Correction

    Réponse : 22.7 %

    Lecture de la colonne « Ensemble », première ligne : 22,7 %, soit un peu plus d’un salarié à temps partiel sur cinq. C’est ce que l’on appelle le temps partiel subi, une composante du sous-emploi.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 25,1 » du tableau.

    Précisez la source, la date, le champ (quelle population exactement ?), l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Emploi 2024), en France hors Mayotte, en 2024, 25,1 % des hommes salariés à temps partiel, hors apprentis, déclaraient travailler à temps partiel principalement parce qu’ils n’avaient pas trouvé d’emploi à temps complet. »

    L’erreur la plus fréquente consiste à écrire « 25,1 % des hommes salariés » : le pourcentage porte uniquement sur les hommes déjà à temps partiel, qui ne représentent eux-mêmes que 7,9 % des hommes salariés. Confondre les deux revient à multiplier la réalité par plus de dix.

  5. « Le temps partiel des femmes est un choix. » Discutez cette affirmation à partir du document, en une dizaine de lignes.

    Interrogez la notion de choix : une raison déclarée est-elle toujours une préférence libre ? Pensez aussi à ce que le tableau ne dit pas : le taux de recours au temps partiel selon le sexe, l’offre de modes de garde, le niveau de salaire des postes concernés.

    Correction

    Réponse attendue : l’affirmation est partiellement juste sur la forme, largement contestable sur le fond.

    Ce qui semble lui donner raison. Une minorité seulement des femmes à temps partiel déclarent subir leur situation : 22,0 % disent ne pas avoir trouvé d’emploi à temps complet, soit une part plus faible que chez les hommes (25,1 %). Les autres motifs relèvent en apparence de préférences personnelles : s’occuper d’un proche (29,5 %), disposer de temps libre (16,8 %), raisons de santé (11,8 %).

    Ce qui la fragilise. D’abord, une raison déclarée n’est pas une préférence libre. Le motif familial, invoqué par 29,5 % des femmes contre 8,3 % des hommes — 21,2 points d’écart —, traduit une assignation sociale : ce sont massivement les femmes qui réduisent leur activité lorsque des enfants arrivent, ce qui suppose une norme et, souvent, l’absence de solution de garde. Le « choix » est ici contraint par des normes de genre et par l’offre de services collectifs, non par une préférence individuelle spontanée.

    Ensuite, le tableau porte uniquement sur les salariés déjà à temps partiel : il ne dit rien du fait que 26,7 % des femmes salariées sont à temps partiel contre 7,9 % des hommes, ni que les femmes forment 77,5 % des salariés à temps partiel. C’est cette exposition très inégale, plus que les motifs déclarés, qui pose problème.

    Conséquences. Quel qu’en soit le motif, le temps partiel réduit le salaire, les droits à la retraite et les perspectives de carrière. Un temps partiel « choisi » aujourd’hui produit des inégalités de revenu durables : c’est pourquoi la distinction entre subi et choisi, utile pour décrire, ne suffit pas pour évaluer.

Notions : précarité conditions de travail salariat

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