Lecture de données — Qui télétravaille ?
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Part des salariés pratiquant le télétravail, au moins occasionnellement, en France de 2019 à 2023
| Catégorie de salariés | 2019 (%) | 2021 (%) | 2023 (%) |
|---|---|---|---|
| Cadres | 28 | 65 | 65 |
| Professions intermédiaires | 9 | 41 | 28 |
| Employés | 3 | 17 | 11 |
| Ouvriers | 0 | 3 | 1 |
| Femmes | 7 | 31 | 27 |
| Hommes | 10 | 30 | 25 |
| Salariés en CDI ou fonctionnaires | 9 | 32 | 28 |
| Salariés en contrat à durée limitée | 6 | 20 | 14 |
| Ensemble des salariés | 9 | 31 | 26 |
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Quelle part des cadres télétravaillait au moins occasionnellement en 2023, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 65 %
Lecture directe : 65 %, soit près de deux cadres sur trois. Ce niveau est identique à celui de 2021, alors que toutes les autres catégories ont reculé depuis.
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De combien de points de pourcentage la part des télétravailleurs chez les cadres dépasse-t-elle celle des ouvriers en 2023 ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 64 points de pourcentage
65 − 1 = 64 points de pourcentage. C’est le plus grand écart du tableau : le télétravail est la pratique la plus inégalement répartie entre catégories socioprofessionnelles que l’on puisse observer sur le marché du travail.
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De combien de points de pourcentage la part des télétravailleurs a-t-elle baissé chez les professions intermédiaires entre 2021 et 2023 ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 13 points de pourcentage
41 − 28 = 13 points de pourcentage en moins. Le pic de 2021 correspond au télétravail imposé pendant la crise sanitaire ; le reflux de 2023 montre qu’une partie de ces postes n’était pas durablement organisable à distance.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 3 » située à l’intersection de la ligne « Employés » et de la colonne 2019.
Précisez la source, la date, le champ (âge, territoire) et le sens exact de l’indicateur : télétravailler « au moins occasionnellement » n’est pas télétravailler tous les jours.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Dares (enquête Conditions de travail 2019), en France métropolitaine, en 2019, 3 % des employés salariés âgés de 20 à 62 ans télétravaillaient au moins occasionnellement. »
Deux précisions comptent :
- l’indicateur additionne toutes les intensités, du salarié qui télétravaille quelques demi-journées par mois à celui qui télétravaille cinq jours par semaine : il ne mesure donc pas le volume de travail à distance ;
- le champ exclut les indépendants et les salariés de moins de 20 ans ou de plus de 62 ans.
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Le développement du télétravail réduit-il ou renforce-t-il les inégalités entre les travailleurs ? Répondez en une dizaine de lignes à partir du document.
Comparez d’abord l’ampleur du phénomène selon les catégories, puis demandez-vous ce que le télétravail apporte réellement à celui qui en bénéficie, et ce que le tableau ne mesure pas.
Correction
Réponse attendue : le télétravail est un avantage réel, mais distribué de façon extrêmement inégale ; il ajoute donc une inégalité aux inégalités existantes.
Une diffusion très inégale. Entre 2019 et 2023, la part des salariés télétravaillant au moins occasionnellement passe de 9 % à 26 %, mais cette progression est concentrée en haut de l’échelle : les cadres passent de 28 % à 65 %, soit 37 points de plus, tandis que les ouvriers passent de 0 % à 1 %. En 2023, l’écart entre cadres et ouvriers atteint 64 points. Les employés (11 %) et les professions intermédiaires (28 %) occupent une position intermédiaire, conforme à leur position dans la hiérarchie des qualifications. Le statut d’emploi joue aussi : 28 % des salariés en CDI ou fonctionnaires télétravaillent, contre 14 % des salariés en contrat à durée limitée.
Pourquoi ces écarts. Le critère décisif n’est pas le prestige du métier mais le caractère télétravaillable des tâches : conduire une machine, soigner, servir en salle ou livrer supposent une présence physique. La numérisation ne rend donc pas les emplois interchangeables ; elle sépare les tâches informationnelles, délocalisables, des tâches manuelles et relationnelles qui ne le sont pas.
Ce que cela ajoute. Le télétravail apporte du temps de transport économisé, de l’autonomie dans l’organisation de la journée et une meilleure articulation avec la vie familiale. Ces bénéfices vont donc massivement à ceux qui sont déjà les mieux rémunérés et les mieux protégés : le télétravail se cumule aux avantages existants au lieu de les compenser.
Nuance attendue. Le tableau ne mesure ni les effets du télétravail sur la charge de travail, ni l’allongement des journées, ni l’affaiblissement des collectifs de travail. Un salarié qui télétravaille n’est pas nécessairement mieux traité : il est simplement contrôlé autrement. Enfin, l’écart entre femmes (27 %) et hommes (25 %) est faible : c’est bien la catégorie socioprofessionnelle, et non le sexe, qui structure l’accès au télétravail.