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Lecture de données — Accidents du travail et maladies professionnelles

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Accidents du travail et maladies professionnelles reconnus en France en 2022, par secteur et par sexe

Secteur d’activitéAccidents du travail — femmesAccidents du travail — hommesAccidents du travail — ensembleMaladies professionnelles — ensemble
Agriculture3 71010 21013 9201 060
Industrie15 95064 36080 32012 100
Construction1 40073 74075 1406 420
Tertiaire marchand104 340208 330312 67017 790
Tertiaire non marchand132 96058 130191 09013 890
Secteur inconnu4 1601 9406 1003 830
Ensemble262 540416 700679 24055 090
Source : Cnam, CCMSA et CNRACL, données 2022 ; calculs Dares ; fiche « Durée et conditions de travail », Insee Références, France, portrait social, édition 2025, figure 3. · Champ : France hors Mayotte, salariés du régime général, du régime agricole et agents affiliés à la CNRACL. Sont comptés les accidents du travail reconnus ayant entraîné au moins un jour d’arrêt. Les effectifs sont arrondis à la dizaine : la somme des colonnes « femmes » et « hommes » peut différer de quelques dizaines du total. · Lecture : En 2022, 75 140 accidents du travail avec arrêt ont été reconnus dans le secteur de la construction en France.
  1. Quelle part les hommes représentent-ils parmi les victimes d’un accident du travail reconnu en 2022 ? Donnez le résultat en pourcentage, avec une décimale.

    %

    Correction

    Réponse : 61.3 %

    416 700 / 679 240 × 100 ≈ 61,3 %. Cette surreprésentation masculine s’explique d’abord par la composition des secteurs les plus accidentogènes : construction et industrie emploient très majoritairement des hommes.

  2. Quelle part de l’ensemble des accidents du travail survient dans le tertiaire, marchand et non marchand réunis ? Donnez le résultat en pourcentage, avec une décimale.

    %

    Correction

    Réponse : 74.2 %

    (312 670 + 191 090) / 679 240 × 100 = 503 760 / 679 240 × 100 ≈ 74,2 %. Contrairement à l’image répandue d’un risque professionnel concentré dans l’usine et sur le chantier, près de trois accidents sur quatre ont lieu dans les services.

  3. Quelle part les femmes représentent-elles parmi les victimes d’accidents du travail du tertiaire non marchand ? Donnez le résultat en pourcentage, avec une décimale.

    %

    Correction

    Réponse : 69.6 %

    132 960 / 191 090 × 100 ≈ 69,6 %. Le tertiaire non marchand regroupe notamment la santé, l’action sociale et l’administration, secteurs très féminisés où le port de personnes et les gestes répétitifs exposent fortement.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 12 100 » du tableau.

    Précisez la source, l’année, le champ (quels travailleurs sont couverts ?) et la grandeur mesurée : s’agit-il de malades, de cas reconnus, de déclarations ?

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la Cnam, la CCMSA et la CNRACL (données 2022, calculs Dares), en France hors Mayotte, 12 100 maladies professionnelles ont été reconnues en 2022 dans l’industrie, pour les salariés du régime général, du régime agricole et les agents affiliés à la CNRACL. »

    Deux précautions :

    • il s’agit de cas reconnus par la Sécurité sociale, et non de l’ensemble des maladies causées par le travail : les pathologies non déclarées ou non inscrites aux tableaux réglementaires n’y figurent pas, ce qui conduit à une sous-estimation ;
    • le champ exclut certains statuts, notamment une partie des indépendants, qui n’apparaissent donc pas dans ces effectifs.
  5. Peut-on conclure de ce tableau que le tertiaire est le secteur le plus dangereux ? Répondez en une dizaine de lignes.

    Un nombre d’accidents dépend de deux choses : le risque encouru par travailleur, et le nombre de travailleurs exposés. Le tableau ne donne que la première grandeur.

    Correction

    Réponse attendue : non. Le tableau donne des effectifs, pas des taux : il ne permet pas de comparer le risque encouru par un travailleur selon le secteur.

    Le raisonnement. Le tertiaire concentre 503 760 accidents sur 679 240, soit environ 74,2 % du total. Mais le tertiaire emploie aussi la grande majorité des actifs français : un secteur qui rassemble l’essentiel des travailleurs et l’essentiel des accidents n’est pas nécessairement dangereux — il est d’abord très grand. À l’inverse, la construction totalise 75 140 accidents, soit 11,1 % du total, alors qu’elle emploie une part beaucoup plus faible des salariés : le risque y est donc nettement plus élevé par travailleur.

    Ce qu’il faudrait pour conclure. Il faudrait rapporter le nombre d’accidents aux effectifs salariés de chaque secteur, c’est-à-dire calculer un indice de fréquence (nombre d’accidents pour 1 000 salariés). C’est cet indicateur, et non l’effectif brut, qui mesure la dangerosité.

    Ce que le tableau montre néanmoins. Il déplace utilement le regard. Le risque professionnel n’est pas cantonné à l’usine et au chantier : le tertiaire non marchand enregistre 191 090 accidents, dont 69,6 % touchent des femmes, dans des métiers de la santé et de l’action sociale marqués par le port de personnes, les horaires décalés et l’intensité relationnelle. Les maladies professionnelles reconnues, 55 090 en 2022, confirment cette diffusion : elles se répartissent entre l’industrie (12 100), le tertiaire marchand (17 790) et le tertiaire non marchand (13 890).

    Nuance. Ces données ne comptent que les cas reconnus : elles reflètent autant l’exposition réelle que la propension à déclarer, qui varie selon les secteurs, les statuts d’emploi et l’ancienneté.

Notions : conditions de travail organisation du travail précarité

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