Lecture de données — Filles et garçons face au baccalauréat
Chaque case indique la part d’une génération qui obtient le baccalauréat considéré. Les lignes se lisent séparément pour les femmes et pour les hommes.
Document — Proportion de bacheliers dans une génération selon la filière et le sexe en 2024 (en %)
| Sexe | Baccalauréat général | Baccalauréat technologique | Baccalauréat professionnel | Ensemble |
|---|---|---|---|---|
| Femmes | 49,8 | 17,0 | 17,7 | 84,5 |
| Hommes | 36,8 | 15,2 | 22,6 | 74,7 |
| Ensemble | 43,1 | 16,1 | 20,2 | 79,4 |
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les femmes et les hommes pour l’ensemble des baccalauréats en 2024 ?
points
Correction
Réponse : 9.8 points
84,5 − 74,7 = 9,8 points. L’avantage scolaire des filles est aujourd’hui l’une des inégalités les mieux établies du système éducatif français : elles redoublent moins, obtiennent plus souvent le baccalauréat et le décrochent plus souvent dans la voie générale.
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Parmi les femmes qui obtiennent un baccalauréat, quelle est la part de celles qui décrochent un baccalauréat général, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 58.9 %
49,8 / 84,5 × 100 ≈ 58,9 %. Chez les hommes, le même calcul donne 36,8 / 74,7 × 100 ≈ 49,3 %. Les filles ne sont donc pas seulement plus souvent bachelières : elles le sont plus souvent dans la voie la plus valorisée, ce qui redouble l’écart initial.
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Combien de fois les hommes obtiennent-ils plus souvent un baccalauréat professionnel que les femmes ? (Arrondissez à une décimale.)
fois
Correction
Réponse : 1.3 fois
22,6 / 17,7 ≈ 1,3. C’est la seule filière où les garçons devancent les filles. La différence de réussite scolaire se double donc d’une différence d’orientation : les deux sexes ne se répartissent pas de la même façon entre des voies inégalement rentables sur le marché du travail.
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Vérifiez la cohérence du tableau : la somme des trois filières donne-t-elle bien l’ensemble pour les hommes ?
Additionnez les trois valeurs de la ligne « Hommes » et comparez au total affiché.
Correction
36,8 + 15,2 + 22,6 = 74,6, alors que la colonne « Ensemble » affiche 74,7. L’écart d’un dixième de point provient des arrondis : chaque valeur est publiée avec une décimale, et les erreurs d’arrondi s’additionnent.
Ce genre de vérification doit devenir un réflexe. Elle permet de distinguer un écart d’arrondi, normal et négligeable, d’une véritable incohérence qui signalerait soit une erreur de recopie, soit des champs différents entre les colonnes. Ici, le champ est identique et l’écart est de l’ordre de grandeur attendu : le tableau est cohérent.
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« Puisque les filles réussissent mieux à l’École, les inégalités scolaires ont changé de nature. » Discutez cette affirmation en une dizaine de lignes à partir du tableau.
Distinguez la réussite scolaire et ce qu’elle produit ensuite. Le tableau mesure-t-il des positions sociales ?
Correction
Réponse attendue : l’affirmation contient une part de vérité et une confusion.
Ce que le tableau établit. L’avantage scolaire des filles est réel et important : 84,5 % d’une génération de femmes obtient le baccalauréat contre 74,7 % des hommes, soit 9,8 points d’écart. Il est même plus marqué dans la voie générale (49,8 % contre 36,8 %, soit 13 points). Sur ce plan, l’inégalité entre sexes s’est effectivement inversée par rapport à la situation d’avant les années 1970.
Ce que le tableau n’établit pas. Une inégalité de réussite scolaire n’est pas une inégalité de position sociale. Le tableau ne dit rien des salaires, des carrières ni de l’accès aux emplois les plus qualifiés, domaines dans lesquels l’avantage reste aux hommes. Il ne dit rien non plus des spécialités et des filières du supérieur choisies après le baccalauréat, où la séparation entre les sexes reste très marquée. Le meilleur rendement scolaire des filles ne se convertit donc pas mécaniquement en avantage social : c’est une illustration directe du fait que l’École distribue des titres, mais ne distribue pas les positions.
Conclusion. L’affirmation est acceptable si elle signifie que l’inégalité scolaire entre sexes s’est déplacée de l’accès vers l’orientation ; elle est fausse si elle laisse entendre que les inégalités entre femmes et hommes auraient disparu, ou se seraient inversées, dans la société.