Lecture de données — Combien la Nation dépense-t-elle pour chaque élève ?
Le tableau donne la dépense annuelle moyenne consacrée à un élève, un apprenti ou un étudiant selon le niveau de formation. Arrondissez à une décimale.
Document — Dépense moyenne par élève ou étudiant selon le niveau de formation en France en 2024 (en euros)
| Niveau de formation | Dépense moyenne annuelle par élève ou étudiant (en euros) |
|---|---|
| Préélémentaire | 8 990 |
| Élémentaire | 9 130 |
| Collège | 10 450 |
| Lycée, formations générales et technologiques | 13 020 |
| Lycée, formations professionnelles | 14 700 |
| Section de technicien supérieur (STS) | 17 220 |
| Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) | 19 070 |
| Universités | 12 460 |
| Ensemble des niveaux | 10 920 |
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Quel est l’écart, en euros, entre la dépense moyenne pour un élève de CPGE et celle pour un étudiant à l’université ?
euros
Correction
Réponse : 6610 euros
19 070 − 12 460 = 6 610 euros. Deux étudiants de même âge, tous deux dans l’enseignement supérieur public, ne reçoivent donc pas le même investissement collectif : le premier bénéficie d’un encadrement, d’effectifs par classe et d’un statut d’enseignants sans commune mesure avec ceux du second.
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Combien de fois la dépense pour un élève de CPGE dépasse-t-elle celle pour un élève de l’école élémentaire ? (Arrondissez à une décimale.)
fois
Correction
Réponse : 2.1 fois
19 070 / 9 130 ≈ 2,1. Le coefficient multiplicateur rapporte la dépense la plus élevée à la plus faible. Rappelez-vous que le niveau élémentaire est celui où se forment les écarts d’apprentissage les plus durables : la structure de la dépense ne suit donc pas la logique d’un investissement précoce contre les inégalités.
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De combien de pourcent la dépense pour un élève de CPGE dépasse-t-elle la dépense moyenne tous niveaux confondus ?
%
Correction
Réponse : 74.6 %
(19 070 − 10 920) / 10 920 × 100 ≈ +74,6 %. Un taux de variation se calcule toujours en rapportant l’écart à la valeur de départ, ici la moyenne. Ne confondez pas ce +74,6 % avec le coefficient multiplicateur correspondant, 1,746.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 14 700 » du tableau.
Une phrase de lecture précise la source, l’année, le champ, l’unité et la population concernée.
Correction
Phrase attendue : « Selon la DEPP, d’après le Compte de l’éducation, en 2024, en France, la dépense moyenne annuelle consacrée à un lycéen de l’enseignement professionnel s’élève à 14 700 euros. »
Les erreurs fréquentes :
- écrire « les lycéens professionnels dépensent 14 700 euros » : la dépense est celle de la collectivité (État, collectivités territoriales, entreprises, ménages), pas celle de l’élève ;
- oublier que le chiffre est une moyenne annuelle par élève, et non un total ;
- oublier l’année, alors que la dépense est exprimée en euros courants et n’est comparable d’une année sur l’autre qu’après correction de l’inflation.
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Ce tableau permet-il de conclure que le système éducatif français corrige les inégalités sociales ? Répondez en une dizaine de lignes.
Demandez-vous qui fréquente les formations les plus coûteuses, et rapprochez ce tableau des données sur l’origine sociale des élèves.
Correction
Réponse attendue : non, et le tableau invite même à une lecture inverse de celle que l’on attend spontanément.
Premier constat. La dépense croît avec le niveau d’études : 9 130 euros pour un élève de l’élémentaire, 10 450 euros au collège, 13 020 euros au lycée général et technologique, jusqu’à 19 070 euros en CPGE. Comme la poursuite d’études est elle-même très inégale selon l’origine sociale, l’effort public bénéficie plus longtemps aux élèves des milieux favorisés. Un jeune qui quitte l’école après un CAP aura reçu bien moins d’investissement collectif qu’un élève de classe préparatoire, alors même que le second appartient plus souvent à un milieu déjà doté.
Deuxième constat. Les formations les plus coûteuses par élève sont aussi les plus sélectives : 19 070 euros en CPGE et 17 220 euros en STS, contre 12 460 euros à l’université, qui accueille pourtant les effectifs les plus nombreux et les publics les plus hétérogènes. La dépense n’est donc pas orientée vers les élèves les plus éloignés de la réussite scolaire.
Nuance indispensable. Ces montants sont des coûts de production, pas des transferts : ils reflètent le taux d’encadrement, le statut et la rémunération des enseignants, ou le prix des équipements — c’est ce qui explique par exemple les 14 700 euros du lycée professionnel, où les classes sont moins chargées. Conclure à une injustice suppose donc un raisonnement supplémentaire, sur la question de savoir qui accède à ces formations. Le tableau ne prouve rien à lui seul : il fournit un indice, qu’il faut croiser avec les données d’origine sociale.