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Lecture de données — À chaque filière du supérieur son baccalauréat

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

Chaque colonne décrit la composition d’une filière : elle indique d’où viennent 100 nouveaux bacheliers qui s’y inscrivent. La dernière colonne rappelle le poids de chaque type de baccalauréat dans l’ensemble des bacheliers de 2024.

Document — Origine scolaire des nouveaux bacheliers inscrits dans les filières de l’enseignement supérieur à la rentrée 2024 (en %)

Baccalauréat d’origineUniversité (y compris IUT)dont IUTCPGESTSEnsemble des filières du supérieurRappel : répartition des bacheliers 2024
Baccalauréat général81,254,292,722,064,254,4
Baccalauréat technologique15,644,36,834,520,820,3
Baccalauréat professionnel3,21,40,543,515,025,2
Total100,0100,0100,0100,0100,0100,0
Source : MESRE-SIES, « L’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France » n° 19, fiche 09 « Les nouveaux bacheliers et leur entrée dans les filières de l’enseignement supérieur », tableau 09.03, d’après MESRE-DGESIP/DGRI-SIES, MEN-MESRE-DEPP et ministère chargé de l’Agriculture. · Champ : France métropolitaine et DROM, nouveaux bacheliers de la session 2024 inscrits dans l’enseignement supérieur à la rentrée 2024. Chaque colonne totalise 100 % ; les sommes affichées peuvent s’écarter d’un dixième de point du fait des arrondis. · Lecture : À la rentrée 2024, 92,7 % des nouveaux bacheliers inscrits en classe préparatoire aux grandes écoles sont titulaires d’un baccalauréat général.
  1. Quelle part des nouveaux bacheliers inscrits en STS est titulaire d’un baccalauréat professionnel, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 43.5 %

    Lecture directe du croisement de la ligne « Baccalauréat professionnel » et de la colonne « STS » : 43,5 %. Les sections de technicien supérieur constituent la principale porte d’entrée des bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur ; à l’université, ils ne sont que 3,2 %.

  2. Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre la part des bacheliers généraux en CPGE et leur poids dans l’ensemble des bacheliers de 2024 ?

    points

    Correction

    Réponse : 38.3 points

    92,7 − 54,4 = 38,3 points. Comparer la composition d’une filière à la composition d’ensemble est la méthode classique pour mesurer une sur-représentation. Les bacheliers généraux, un peu plus de la moitié d’une promotion, occupent plus de neuf places sur dix en classe préparatoire.

  3. Les bacheliers professionnels représentent 25,2 % des bacheliers de 2024 et 15,0 % des nouveaux entrants dans le supérieur. Quel est l’écart, en points de pourcentage ?

    points

    Correction

    Réponse : 10.2 points

    25,2 − 15,0 = 10,2 points. Cette sous-représentation ne se joue pas à l’intérieur du supérieur mais à son seuil : une part importante des bacheliers professionnels ne poursuit pas d’études. La sélection commence donc avant même le choix de la filière.

  4. Combien de fois les bacheliers technologiques sont-ils plus présents en IUT qu’à l’université prise dans son ensemble ? (Arrondissez à une décimale.)

    fois

    Correction

    Réponse : 2.8 fois

    44,3 / 15,6 ≈ 2,8. L’IUT, filière courte et sélective rattachée à l’université, joue pour les bacheliers technologiques le rôle que la STS joue pour les bacheliers professionnels : une voie d’accès spécifique, distincte de la licence générale.

  5. Ce tableau illustre-t-il la notion de démocratisation ségrégative ? Justifiez en une dizaine de lignes.

    Distinguez le fait d’entrer dans le supérieur et le fait d’y entrer dans telle ou telle filière. Où se situe désormais la sélection ?

    Correction

    Réponse attendue : oui, le tableau en donne une illustration presque parfaite, à condition de bien identifier ce qu’il mesure.

    Le seuil s’est ouvert. Toutes les catégories de bacheliers accèdent aujourd’hui à l’enseignement supérieur : les bacheliers professionnels, absents de ce niveau d’études il y a une génération, représentent 15,0 % des nouveaux entrants. C’est le versant « démocratisation » du mouvement.

    La hiérarchie s’est reconstituée à l’intérieur. Mais les entrants ne se répartissent pas au hasard. Les bacheliers généraux, 54,4 % d’une promotion, occupent 92,7 % des places en CPGE et 81,2 % de celles de l’université, mais seulement 22,0 % de celles des STS. Symétriquement, les bacheliers professionnels, 25,2 % d’une promotion, forment 43,5 % des entrants en STS mais 0,5 % de ceux des classes préparatoires. Chaque filière recrute donc dans un vivier scolaire très particulier.

    Le mécanisme. La sélection ne se fait plus à l’entrée du supérieur, mais entre des filières hiérarchisées et inégalement rentables. Comme le type de baccalauréat obtenu dépend lui-même fortement de l’origine sociale — les enfants de cadres décrochent bien plus souvent un baccalauréat général — la ségrégation scolaire prolonge et convertit une inégalité sociale antérieure.

    Limite à signaler. Le tableau porte sur l’origine scolaire, pas sur l’origine sociale : conclure sur la seconde exige de mobiliser d’autres données. C’est une articulation, non une déduction.

Notions : démocratisation scolaire inégalités scolaires stratégies familiales

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Tout le chapitre : L'École