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Lecture de données — Le diplôme se transmet-il ? La France dans l’OCDE

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé16 min

Le tableau réunit plusieurs indicateurs portant tous sur les adultes de 25 à 34 ans. Lisez attentivement l’année et l’unité de chaque ligne.

Document — Niveau de formation des 25-34 ans en France et dans l’OCDE

IndicateurFranceMoyenne OCDE
Part des 25-34 ans diplômés de l’enseignement supérieur en 2024 (%)5348
Part des 25-34 ans titulaires d’un master ou d’un diplôme équivalent en 2024 (%)2616
Part des 25-34 ans sans diplôme du deuxième cycle de l’enseignement secondaire en 2024 (%)1113
Part des 25-34 ans diplômés du supérieur, parmi ceux dont au moins un parent est diplômé du supérieur, en 2023 (%)75n.d.
Part des 25-34 ans diplômés du supérieur, parmi ceux dont aucun parent n’a achevé le deuxième cycle du secondaire, en 2023 (%)32n.d.
Écart entre ces deux dernières lignes (en points de pourcentage)4344
Source : OCDE, « Regards sur l’éducation 2025 : les indicateurs de l’OCDE », note par pays « France », septembre 2025 (tableaux A1.2 et A1.4). · Champ : France et moyenne des pays de l’OCDE, adultes âgés de 25 à 34 ans. Les trois premières lignes portent sur 2024 ; les trois dernières sur 2023 et proviennent de l’évaluation des compétences des adultes. « n.d. » : la note par pays ne publie pas la moyenne OCDE de ces deux taux, mais seulement l’écart entre eux. · Lecture : En 2024, 53 % des 25-34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur en France, contre 48 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.
  1. En France, combien de fois un jeune adulte dont au moins un parent est diplômé du supérieur a-t-il plus de chances d’être lui-même diplômé du supérieur qu’un jeune dont aucun parent n’a achevé le second cycle du secondaire ? (Arrondissez à une décimale.)

    fois

    Correction

    Réponse : 2.3 fois

    75 / 32 ≈ 2,3. Le rapport de chances complète l’écart de 43 points : il rapporte l’inégalité au niveau du groupe le moins favorisé. Notez qu’il ne s’agit pas ici de l’origine sociale mesurée par la profession, mais du diplôme des parents — c’est-à-dire, au sens de Bourdieu, du capital culturel sous sa forme institutionnalisée.

  2. De combien de points la part de titulaires d’un master dépasse-t-elle en France la moyenne de l’OCDE en 2024 ?

    points

    Correction

    Réponse : 10 points

    26 − 16 = 10 points. La France se distingue donc surtout par la fréquence des diplômes longs. C’est un élément à retenir pour le chapitre : là où les titres élevés se généralisent le plus vite, la concurrence entre leurs titulaires s’intensifie d’autant, ce qui est le mécanisme même de la dévalorisation des diplômes.

  3. Vérifiez par le calcul la valeur inscrite dans la dernière ligne pour la France.

    points

    Correction

    Réponse : 43 points

    75 − 32 = 43 points. La ligne « Écart » est cohérente avec les deux lignes qui la précèdent. Vérifier ce type de cohérence interne est indispensable : c’est ce qui permet de repérer une erreur de recopie ou un changement de champ dissimulé entre deux lignes d’un même tableau.

  4. Un candidat écrit : « La France est plus méritocratique que la moyenne des pays de l’OCDE, puisqu’elle compte davantage de diplômés du supérieur. » Évaluez ce raisonnement en une dizaine de lignes.

    Le nombre de diplômés relève-t-il de la massification ou de la démocratisation ? Que dit la dernière ligne du tableau ?

    Correction

    Réponse attendue : le raisonnement est invalide, pour une raison précise que le tableau permet d’exposer.

    L’erreur. Le candidat déduit une propriété relative (l’égalité des chances) d’une propriété absolue (le volume de diplômés). Or 53 % de diplômés du supérieur contre 48 % en moyenne dans l’OCDE est un constat de massification : il indique que la France mène plus loin une part importante d’une génération, pas que le diplôme y dépend moins de la naissance.

    Ce que montre le tableau. La démocratisation se mesure sur des écarts. En France, 75 % des jeunes dont au moins un parent est diplômé du supérieur le sont à leur tour, contre 32 % de ceux dont aucun parent n’a achevé le second cycle du secondaire, soit 43 points d’écart. La moyenne de l’OCDE s’établit à 44 points : l’avantage français est donc d’un point, autant dire inexistant. La France est plus massifiée, mais pas sensiblement plus égalitaire.

    Interprétation. On retrouve la distinction centrale du chapitre : massification et démocratisation sont deux grandeurs indépendantes. Une même génération peut être bien plus diplômée que la précédente sans que la distance entre milieux d’origine se réduise, dès lors que tous les groupes progressent au même rythme.

    Prudence. Une comparaison internationale suppose des systèmes éducatifs et des nomenclatures de diplômes comparables ; l’OCDE harmonise ces définitions, mais la vigilance reste de mise.

Notions : démocratisation scolaire inégalités scolaires capital culturel

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Tout le chapitre : L'École