Lecture de données — Le baccalauréat pour presque tous, mais pas le même
Les deux premières lignes portent sur l’ensemble des jeunes ; les trois dernières ne portent que sur ceux qui ont obtenu un baccalauréat en 2011 et totalisent 100 % dans chaque colonne.
Document — Parcours scolaires selon la profession du père (en %)
| Indicateur | Enfants d’ouvriers ou d’employés | Enfants de cadres ou de professions intermédiaires |
|---|---|---|
| Part de bacheliers parmi les jeunes nés entre 1984 et 1988 | 55 | 84 |
| Part de sortants du système éducatif sans diplôme (aucun diplôme ou brevet seul), sorties de 2008 à 2010 | 21 | 7 |
| Parmi les bacheliers de 2011 : part ayant obtenu un baccalauréat général | 33 | 76 |
| Parmi les bacheliers de 2011 : part ayant obtenu un baccalauréat technologique | 26 | 15 |
| Parmi les bacheliers de 2011 : part ayant obtenu un baccalauréat professionnel | 41 | 9 |
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les deux milieux sociaux pour l’accès au baccalauréat dans la génération née entre 1984 et 1988 ?
points
Correction
Réponse : 29 points
84 − 55 = 29 points. L’écart est considérable, alors même que plus d’un enfant d’ouvrier ou d’employé sur deux atteint désormais le baccalauréat : c’est exactement la configuration que décrit le chapitre, où une progression massive laisse subsister une distance sociale importante.
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Combien de fois les enfants d’ouvriers ou d’employés sortent-ils plus souvent du système éducatif sans diplôme ?
fois
Correction
Réponse : 3 fois
21 / 7 = 3. Le rapport de chances est ici bien plus parlant que l’écart de 14 points : il rappelle qu’un même écart absolu pèse d’autant plus lourd que le phénomène est rare. Sortir sans diplôme est devenu minoritaire, donc d’autant plus pénalisant sur le marché du travail.
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Parmi les bacheliers de 2011, quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les deux milieux sociaux pour l’obtention d’un baccalauréat général ?
points
Correction
Réponse : 43 points
76 − 33 = 43 points. Comparez cet écart aux 29 points qui séparent les deux groupes pour l’accès au baccalauréat en général : l’inégalité est plus forte sur le type de diplôme obtenu que sur le fait d’en obtenir un. C’est la définition même de la démocratisation ségrégative.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 41 » du tableau.
Attention à la population de référence : sur quel ensemble ce pourcentage est-il calculé ?
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee, d’après les enquêtes Emploi et les données de la DEPP, en 2011, en France métropolitaine, 41 % des bacheliers dont le père est ouvrier ou employé ont obtenu un baccalauréat professionnel. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 41 % des enfants d’ouvriers ou d’employés ont un baccalauréat professionnel » : le pourcentage est calculé sur les seuls bacheliers de ce groupe, pas sur l’ensemble des jeunes du groupe ;
- écrire « 41 % des bacheliers professionnels sont enfants d’ouvriers » : c’est le pourcentage inverse, qui n’est pas dans le tableau ;
- oublier l’année, alors que le tableau mêle des générations et des dates différentes selon les lignes.
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Ce tableau témoigne-t-il d’une massification, d’une démocratisation, ou des deux ? Répondez en une dizaine de lignes en mobilisant au moins un mécanisme explicatif.
Regardez d’abord les niveaux atteints, puis les écarts entre les deux colonnes. Bourdieu et Boudon expliquent-ils la même chose ?
Correction
Réponse attendue : le tableau atteste une massification incontestable et une démocratisation partielle, mais très inégale selon le palier considéré.
La massification. Dans la génération née entre 1984 et 1988, 55 % des enfants d’ouvriers ou d’employés sont bacheliers. Ce niveau était inimaginable une génération plus tôt : le baccalauréat, longtemps réservé à une minorité, est devenu majoritaire jusque dans les milieux populaires.
Les limites de la démocratisation. L’écart avec les enfants de cadres ou de professions intermédiaires reste de 29 points (84 % contre 55 %). Surtout, il se creuse dès que l’on regarde la nature du diplôme : 76 % des bacheliers d’origine favorisée ont un baccalauréat général contre 33 % des bacheliers d’origine populaire, soit 43 points d’écart, tandis que 41 % de ces derniers ont un baccalauréat professionnel contre 9 %. Et sortir sans aucun diplôme reste trois fois plus fréquent (21 % contre 7 %).
Un mécanisme. On peut mobiliser Boudon : à résultats scolaires proches, les familles n’arbitrent pas de la même façon entre le coût, le risque et le bénéfice attendu des études. Une filière professionnelle, plus courte et plus sûre, améliore déjà la position d’une famille ouvrière, alors qu’elle signifierait un déclassement pour une famille de cadres. Répétés à chaque palier, ces choix rationnels produisent la répartition observée. On peut aussi mobiliser Bourdieu : le capital culturel hérité facilite l’accès aux séries générales, les plus exigeantes en maîtrise du langage écrit et de la culture scolaire légitime.
Précaution. Les lignes ne portent pas toutes sur les mêmes générations ni sur les mêmes années : le tableau autorise des comparaisons entre colonnes, pas des comparaisons ligne à ligne dans le temps.