Lecture de données — Trois ans après l’École : ce que vaut le diplôme
Le tableau décrit la situation, en 2024, des jeunes sortis du système éducatif en 2021. Le taux d’emploi est calculé sur l’ensemble des sortants, le taux de chômage sur les seuls actifs, la part d’emploi à durée indéterminée sur les seuls jeunes en emploi.
Document — Situation en 2024 des jeunes sortis du système éducatif en 2021, selon le plus haut diplôme obtenu
| Plus haut diplôme obtenu | Médiane du premier revenu mensuel (en euros) | Taux d’emploi (%) | Taux de chômage (%) | Part en emploi à durée indéterminée (%) |
|---|---|---|---|---|
| Aucun diplôme | 1 260 | 43 | 40 | 41 |
| CAP-BEP (niveau 3) | 1 360 | 65 | 25 | 55 |
| Baccalauréat (niveau 4) | 1 400 | 71 | 18 | 56 |
| Bac+2 (niveau 5) | 1 480 | 81 | 13 | 66 |
| Master (niveau 7) | 1 810 | 87 | 9 | 71 |
| Écoles d’ingénieurs et de commerce | 2 130 | 90 | 7 | 76 |
| Ensemble | 1 530 | 74 | 16 | 64 |
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre le taux de chômage des jeunes sortis sans diplôme et celui des diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce ?
points
Correction
Réponse : 33 points
40 − 7 = 33 points. Trois ans après la fin des études, un jeune sans diplôme sur cinq actifs court un risque de chômage près de six fois supérieur. C’est le principal argument contre une lecture pessimiste du paradoxe d’Anderson : le diplôme a perdu de sa valeur relative, il n’a rien perdu de son caractère protecteur.
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Combien de fois le premier revenu médian d’un diplômé d’école d’ingénieurs ou de commerce dépasse-t-il celui d’un jeune sorti sans diplôme ? (Arrondissez à une décimale.)
fois
Correction
Réponse : 1.7 fois
2 130 / 1 260 ≈ 1,7. L’écart de revenu est nettement moins spectaculaire que l’écart de chômage : le diplôme joue d’abord sur l’accès à l’emploi et sur sa stabilité (76 % d’emplois à durée indéterminée contre 41 %), avant de jouer sur le salaire de départ.
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De combien de pourcent le premier revenu médian d’un diplômé de master dépasse-t-il celui d’un bachelier ?
%
Correction
Réponse : 29.3 %
(1 810 − 1 400) / 1 400 × 100 ≈ +29,3 %. Trois années d’études supplémentaires après un bac+2 se traduisent donc par un gain salarial d’entrée d’environ un tiers, auquel s’ajoutent 9 points de taux d’emploi supplémentaires. C’est le rendement du diplôme, mesuré à l’intérieur d’une même génération.
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Ces données contredisent-elles le paradoxe d’Anderson ? Répondez en une dizaine de lignes.
Le paradoxe d’Anderson compare deux générations. Que compare ce tableau ?
Correction
Réponse attendue : non, elles ne le contredisent pas, parce qu’elles ne portent pas sur la même comparaison.
Ce que mesure le tableau. Il compare, à l’intérieur d’une même génération, la situation de jeunes inégalement diplômés. Sur ce terrain, la hiérarchie scolaire se retrouve intacte : le taux d’emploi passe de 43 % pour les non-diplômés à 90 % pour les diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce, le taux de chômage de 40 % à 7 %, la part d’emploi à durée indéterminée de 41 % à 76 %. Le diplôme conserve donc une valeur très élevée.
Ce que mesure le paradoxe d’Anderson. Il compare un individu à son père, donc deux générations différentes. Il énonce qu’être plus diplômé que la génération précédente ne garantit pas d’occuper une position supérieure à la sienne, parce que la valeur d’un titre dépend du nombre de ses détenteurs au moment où l’on se présente sur le marché du travail. Un baccalauréat qui ouvrait, dans les années 1970, l’accès à des emplois qualifiés, place aujourd’hui son titulaire au bas de la hiérarchie des titres : 18 % de chômage et 1 400 euros de premier revenu médian, contre 1 530 euros pour l’ensemble de la génération.
Conclusion. Les deux constats sont complémentaires. La valeur absolue du diplôme, mesurée en comparant les diplômés aux non-diplômés d’une même génération, reste forte et le tableau le démontre. Sa valeur relative, mesurée en comparant un titre d’une génération à l’autre, a bien décliné. Confondre les deux conduit soit à conclure à tort que « les études ne servent plus à rien », soit à nier la réalité du déclassement.